Aigle des steppes – Aquila nipalensis

Espèce vedette – publiée le 27 septembre 2018
Publication partielle – famille des Accipitridae (buses, aigles, éperviers, etc.)
En anglais : Steppe Eagle in English

Ce grand aigle était un nicheur estivant répandu depuis l’Europe de l’est jusque dans le nord-est de la Chine. Malheureusement, ses habitats de prédilection (steppes, prairies naturelles et semi-déserts) sont transformés par l’agriculture (souvent en prairies exploitées ou en champs) et cela provoque une diminution dramatique de la population. Il ne niche déjà plus ni en Roumanie ni en Ukraine et il est donc sur le bord de l’extinction en Europe (seule la Russie accueille encore quelques centaines de couples). La population turque n’étant pas significative et il ne reste plus, dès lors, que trois pays où des nombres de couples nicheurs significatifs survivent : le Kazakhstan, la Mongolie et la Chine.

S’il est encore le grand aigle le plus abondant sur terre, la tendance est alarmante et les problèmes de transformation des milieux atteignant les trois pays où il est encore commun, il pourrait se rapprocher d’une situation critique très bientôt. il est classé “en danger” depuis 2015. C’est un grand migrateur qui hiverne en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du sud, et des oiseaux sont empoisonnés aux pesticides (comme les vautours, voir la page du Vautour à tête blanche pour les détails) et tirés par des chasseurs ou braconniers (surtout au Moyen-Orient).

Son régime alimentaire est très intéressant : en période de nidification, la sous-espèce A. n. orientalis est spécialisé dans la chasse aux sousliks : ce petit mammifère peut représenter jusqu’à 98,5% de ses proies. Plus à l’est, la sous-espèce nominale montre une préférence pour les marmottes. En hivernage, il devient opportuniste et chasse les insectes (en particulier les termites), les oiseaux (en Afrique, en particulier les travailleurs), divers mammifères (y compris des lièvres et des renards et, en Afrique orientale, le Grand Rat-taupe) et visite volontiers les charognes.

Dans le passé, dans les grandes steppes naturelles, les nids étaient presque toujours placés sur le sol ; lorsqu’il y a des falaises, le nid peut être mis sur un rebord ou un gros rocher. La modification des habitats pousse cet aigle à construire sur des structures artificielles ou des arbres (souvent plantés). Lorsqu’il n’y a pas de branches disponibles, le nid peut être entièrement construit en os de mammifères.

Jusqu’à trois œufs sont pondus et le “caïnisme” (voir explications sur la page de la Buse augur) est rare : deux ou trois jeunes survivent souvent jusqu’à l’envol.

Les deux parents se partagent les tâches : l’incubation dure un mois et demi et les jeunes s’envolent à deux mois.

Taxonomie et sous-espèces

Anciennement, cette espèce avait été classée comme sous-espèce de l’Aigle ravisseur, une taxonomie désormais désuète. Les individus qui nichent à l’est de l’Altaï constituent la sous-espèce nominale alors que ceux qui nichent à l’ouest, un peu plus petits et à peine plus pâles, s’appellent A. n. orientalis. Ce nom peut paraître ridicule vu que c’est la sous-espèce occidentale, mais l’incohérence provient du changement de classification. Le taxon orientalis a été décrit comme sous-espèce de l’Aigle ravisseur d’Afrique et, comparé à ce dernier, il est plus oriental.

[Espèce Nº270 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2018 – 2020

Liste des autres espèces illustrées : taxonomique – jour par jour

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2 thoughts on “Aigle des steppes – Aquila nipalensis

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