Camaroptère à dos gris – Camaroptera brevicaudata

Espèce de référence – publiée le 20 septembre 2019
Publication complète – famille des Cisticolidae (prinias, couturières, érémomèles…)
En anglais : Grey-backed Camaroptera in English

Camaroptera_brevicaudata_mainDans la classification suivie ici, ce petit oiseau est très commun depuis le sud de la Mauritanie jusqu’à l’Érythrée, à la Namibie et au nord-est de l’Afrique du Sud. Il vit dans les sous-bois et autres buissons en tout genre, y compris la Lantana camara, introduite, ce qui assure la survie à ses populations à court et moyen terme. 

Comme des centaines d’autres petits passereaux insectivores, cet oiseau “scanne” les feuilles et les branchages à la recherche des invertébrés qui constituent l’essentiel de sa nourriture. La Camaroptère à dos gris aime les parties les plus basses des sous-bois et buissons, et peut parfois descendre sur le sol pour capturer quelques proies.

Le nid est une boule enfermée dans une “coquille” de cinq ou six feuilles que le couple fixe avec de la toile d’araignées. Cette coquille demande environ une semaine de construction. Le nid y est attaché par de vagues rivets, rappelant ainsi la proximité avec les couturières (d’Asie). Votez comment ces oiseaux cousent les feuilles sur la page de la Couturière à longue queue. L’entrée est placée sur le côté du nid, dans sa partie supérieure.

Quelques œufs (le plus souvent quatre) sont couvés principalement par la femelle durant deux semaines, puis les jeunes sont nourris également deux semaines, par les deux parents, au nid. Le couple est territorial et monogame.

Taxonomie et sous-espèces

Cette espèce et son espèce-sœur la Camaroptère à tête grise (Camaroptera brachyura), qui porterait mieux le nom de Camaroptère à dos vert (comme en anglais) illustre parfaitement la limite de notre système de classification.

Vous pouvez comprendre la notion d’espèce avec notre vidéo sur le sujet, qui donne surtout des exemples des populations insulaires, ce qui facilite la compréhension des limites.

Ici, il y a eu clairement une séparation entre les populations à dos vert et les populations à dos gris, donc la division en deux espèces à un sens. Toutefois, ces deux espèces sont désormais en contact. Leur comportement est différent d’une région à l’autre.

Dans l’est de la Zambie, au Malawi et localement au Mozambique, les deux espèces se rencontrent, s’hybrident et se comportent comme des sous-espèces de la même espèce. À l’inverse, les oiseaux à dos vert et à dos gris du nord-est de la Tanzanie et dans le nord de l’Afrique du Sud se comportent parfaitement en espèces distinctes ! Il y a même des cas de cohabitation sans interaction comme des “bio-espèces” (espèces capables de sympatrie, contrairement aux allo-espèces, génétiquement plus proches) en Afrique du Sud.

Il est donc possible de polémiquer à l’infini sur le meilleur classement… en réalité, notre système de classification ne permet pas de catégoriser tout le vivant de façon satisfaisante, et cet exemple rappelle que la notion d’espèce est un concept et non pas une réalité intrinsèque immuable.

Ces deux taxons sont “sœurs” avec la Camaroptère de Hartert (endémique à l’Angola).

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[Espèce Nº628 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2019 – 2020

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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2 thoughts on “Camaroptère à dos gris – Camaroptera brevicaudata

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