Chevalier semipalmé – Tringa semipalmata

 Espèce de référence – publiée le 4 mai 2021
Publication complète – Famille des Scolopacidae (chevaliers, bécassines, courlis…)
En anglais : Willet in English

Ce limicole à l’aspect original a une répartition géographique unique. En effet, une population niche sur la côte Atlantique nord-américaine, au sud de l’embouchure du Saint Laurent, dans le golf du Mexique et dans les Antilles. Elle hiverne sur les côtes et les îles depuis l’est des État-Unis via les Antilles et le Mexique jusqu’au Brésil. Une autre population niche, quant à elle, loin des côtes. Elle se reproduit dans la région des grandes prairie au centre-sud du Canada, au nord et à l’ouest des États-Unis. Elle hiverne toutefois sur la côte Pacifique depuis les États-Unis jusqu’au nord du Chili.

Il utilise des milieux ouverts et dégarnis pour se reproduire, sur les côtes orientales, et dans les plaines ouvertes dans l’ouest. En hiver, il se contente de vasières côtières, de lagunes d’eaux douces ou saumâtres et de plages.

Avec sa grande taille et ses barres alaires, ce limicole rappelle autant une barge qu’un chevalier , son nom anglais “Willet” ne fait référence à aucun autre genre (ni barge, ni chevalier) mais c’est une simple onomatopée de son cri. Le fait d’être semi-palmé ne démontre rien : quelques bécasseaux ont des semi-palmes et les autres pas, pourquoi la même situation ne serait-elle pas possible chez les chevaliers ?

À regarder de plus près, on voit beaucoup de similitudes de comportement avec les chevaliers “normaux”, notamment le Chevalier à pattes jaunes et le Grand Chevalier. Comme ces derniers, il consomme principalement des invertébrés qu’il trouve sur le sol, dans le sol, dans la vase ou dans l’eau. Avec sa taille nettement supérieure et son bec massif, il peut régulièrement se permettre un petit poisson. Il trouve ses proies au toucher (le bec des oiseaux est sensible) et à la vue. Les poussins, qui apprennent très vite à se nourrir par eux-mêmes, consomme surtout des insectes, comme des mouches, qu’ils capturent surtout à la surface de l’eau.

La nidification se fait en couples qui s’occupent d’une couvée (de quatre œufs) pondue dans une dépression grattée du sol, comme chez les autres chevaliers. Les deux parents couvent environ quatre semaines et ils s’occupent de la sécurité des poussins qui trouvent leur nourriture par eux-même. Comme chez le Chevalier aboyeur, la femelle quitte souvent le territoire quand les petits ont deux semaines et le mâle continue à les surveiller seul jusque lorsqu’ils deviennent capables de voler, à environ un mois.

Taxonomie et sous-espèces

Ce chevalier paraît très différent des autres, au point qu’on lui attribuait habituellement un genre monotypique, Catoptrophorus. Cette classification a été totalement réfutée par la génétique qui assure qu’il fait partie du genre Tringa ; il serait même “sœur” avec le Chevalier à pattes jaunes.

On le divise en deux sous-espèces bien séparées géographiquement lors de la reproduction. Celle de l’ouest, T. s. inornata diffère de la nominale illustrée ici par son bec un peu plus étroit, son aspect générale plus gris et de subtiles nuances au niveau des barres de la queue.

Chevalier semipalmé, Progreso (état du Yucatán), Mexique, avril 2021
Cette photo illustre presque tout ce qu’on veut voir sur cet oiseau : à droite, un oiseau gris (plumage hivernal ou 2cy, voir ci-dessous) ; au milieu, un adulte printanier (en mue vers le plumage nuptial) ; enfin, à gauche, les ailes ouvertes montrent les barres alaires blanches marquées surtout sur les grandes couvertures primaires.
Chevalier semipalmé, Progreso (état du Yucatán), Mexique, avril 2021
Voici trois stades différents : à gauche, un adulte nuptial ou presque ; à sa droite ,un adulte en mue vers le nuptial et, à droite, deux oiseaux gris unis, donc hivernaux ou immatures. Les couvertures extrêmement abîmées sont certainement des plumes juvéniles très usées, indiquant donc l’âge exact de l’oiseau, 2cy.
Chevalier semipalmé, Progreso (état du Yucatán), Mexique, avril 2021
La barre alaire traverse toute l’aile, mais le contraste est plus fort sur l’aile primaire car les autres plumes (petites et moyennes couvertures ainsi que les rémiges) sont noirâtres.

[Espèce Nº1220 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2021

Liste des autres espèces illustrées : taxonomique – jour par jour

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4 thoughts on “Chevalier semipalmé – Tringa semipalmata

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