Coq bankiva – Gallus gallus

Espèce de référence – publiée le 18 mai 2019
Publication complète – famille des Phasianidae (perdrix, francolins, lagopèdes,…)
En anglais: Red Junglefowl in English

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Cet oiseau est le plus abondant du monde, ayant une surpopulation totalement déséquilibrée à cause des élevages. Plus de la moitié des oiseaux qui vivent aujourd’hui sur la planète sont des Gallus gallus. À l’origine, il ne vit que dans les forêts du sud de l’Asie, entre le nord-est du Pakistan et l’Indonésie. D’autres populations existent, par exemple aux Philippines, mais il n’est pas certain si elles sont arrivées naturellement sur l’archipel ou si ce sont des oiseaux férals.

Sur cette page très riche, nous allons parler de plusieurs points essentiels pour les ornithologues et la conservation de la biodiversité. Nous soulevons les points suivants :

  1. Remplacement des animaux sauvages par des animaux d’élevage
  2. Populations férales et introduites
  3. Conflit entre les animaux nourris et les animaux indépendants
  4. Évolution des espèces retirées de leur habitat naturel
  5. Si on arrête l’élevage, des espèces disparaîtront-elles ?

Commençons par une source pour les chiffres avancés sur cette page. Cette réalité est absolument alarmante ! Cliquez sur la photo pour voir l’article original sur ecologie.ma.

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Vous voyez au passage que la situation est encore plus dramatique pour les mammifères.

1 : Remplacement des animaux sauvages par des animaux d’élevage

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : tous les oiseaux des quelque 11 000 espèces décrites, donc tous les corbeaux, les pies, les moineaux, les pinsons, les autruches, les goélands, les pics, les pigeons et ainsi de suite, totalisent, tous ensemble, une masse inférieure à celle des poulets qui croupissent dans nos élevages. Il y a une relation de cause à effet immédiate : chaque animal d’élevage prend la place et les ressources (nourriture, eau) d’un ou plusieurs animaux sauvages. Vous pouvez étudier ça de plus près dans notre article sur la conservation de la biodiversité.

2 : Populations férales et introduites

Dès que l’homme élève des animaux, il y a nécessairement des individus qui s’échappent. Au final, ces animaux peuvent former des populations dites “férales” : elles survivent par elles-mêmes. Toutefois, elles sont souvent nourries ou soutenues, volontairement ou non, par les humains. De ce fait, elles ne sont pas soumises aux mécanismes de régulation naturelle et leur surpopulation peut provoquer d’insupportables déséquilibres dans les écosystèmes. Voyez un exemple avec le chat.

3 : Conflit entre les animaux nourris et les animaux indépendants

Les animaux d’élevage qui ne sont pas enfermés déciment les populations sauvages. Voyons un exemple facile à visualiser avant de revenir aux poulets. C’est moins connu, mais la présence d’abeilles domestiques participe à la diminution dramatique des hyménoptères pollinisateurs sauvages. C’est facile à comprendre. Si un écosystème peut nourrir un certain nombre d’hyménoptères, la présence des abeilles domestiques diminue la nourriture disponible pour les autres. Dans la nature, tout cela s’équilibre bien, avec le jeu de la concurrence, chacun parvient à obtenir une part. Avec les ruches artificielles, les abeilles sont soignées des maladies, protégées des parasites, nourries en cas de disette, etc. Avec des concurrences “déloyales”, les abeilles domestiques accaparent presque toutes les ressources et les autres ne peuvent plus prospérer.

C’est de la même manière que le poulet élevé “librement”, comme c’est le cas dans de nombreux villages africains, consomme de la nourriture qui ne sera pas consommée par  un oiseau sauvage. De plus, les humains protègent leurs poulets des prédateurs et la présence de poulets implique une diminution des prédateurs. Des nombreux exemples existent : les vaches et les lions en Afrique, les moutons et les loups en France, etc.

4 : Évolution des espèces retirées de leur habitat naturel

Lorsque les animaux, comme le Coq bankiva, sont retirés de leurs milieux, ils ne subissent plus la “pression du milieu”. Autrement dit, si un oiseau n’a pas la forme physique, le plumage, le chant, le mimétisme, la vitesse de fuite ou un autre paramètre de survie qui n’est pas dans les normes, il ne sera pas contre-sélectionné en captivité comme il l’est dans la nature. Du coup, il y a une dégénérescence des aptitudes, du phénotype des oiseaux domestiques. Cela implique notamment la disparition des sous-espèces et une banalisation génétique. Voyez un exemple avec le Pigeon biset.

5 : Si on arrête l’élevage, des espèces disparaîtront-elles ?

Comme on le voit ici avec le Coq bankiva, l’espèce originelle est bien présente, et si on mettait fin à l’élevage de poulets, ce serait tout bénéfice pour la biodiversité (ainsi que pour le climat : voir cette vidéo). La “poule” ne disparaîtrait pas, au contraire : elle pourra recoloniser des zones perdues dans le conflit avec les oiseaux d’élevage.

C’est le cas pour presque tous les animaux. Les chats, les pintades, les dindons, les ânes et la plupart des animaux d’élevage ont toujours leurs ancêtres dans la nature, bien que dans certains cas, comme l’âne, ceux-ci soient extrêmement menacés. Il est possible de renforcer une telle population à condition de choisir des individus qui ont été relativement peu dégénérés par la domestication (voir le point précédent).

L’exception notable est la vache, dont l’ancêtre, l’Aurochs, a disparu de la surface de la planète.

Taxonomie et sous-espèces

Il est très proche du Coq de Sonnerat (endémique à l’Inde) et du Coq de Lafayette (endémique au Sri Lanka).

On reconnait en général cinq sous-espèces. Elles existent encore dans les endroits reculés, mais avec l’introduction d’oiseaux domestiques ou d’autres sous-espèces, celles-ci sont toutes vouées à disparition, comme c’est le cas pour le Pigeon biset.

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[Espèce Nº503 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2019 – 2020

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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