Émeraude de Cozumel – Chlorostilbon forficatus

Espèce endémique Niveau 4**** (“méga star“) – publiée le 17 avril 2021
Publication complète – Famille des Trochilidae (colibris)
En anglais : Cozumel Emerald in English

Ce colibri est endémique de la petite île de Cozumel, au Mexique. Il est répandu sur l’île mais les densités sont assez faibles et la population globale, qui n’a pas été chiffrée précisément, est probablement limitée. Birdlife International cite une fourchette de 20.000 à 50.000 individus, mais cela paraît largement surestimé. Paynter (en 1955) a décrit l’habitat de cet oiseau par un simple “boisement bas insulaire”, formule reprise dans diverses publications plus récentes, ce qui est amusant puisque, naturellement, c’est à peu près le seul milieu naturel de l’île avec les marais et les mangroves, qu’il fréquente aussi. Il s’est adapté aux villages et à l’unique ville de l’île (San Miguel) ; seule la présence de fleurs dont il peut manger le nectar est requise.

Cliquez ici pour voir une carte de répartition plus détaillée

Il cohabite largement avec le Mango de Prévost mais on observe seulement un émeraude pour dix mangos environ, c’est ainsi qu’il est facile de conclure que les densités sont faibles et que la taille de la population publiée sur le site de Birdlife est exagérée. Il est “least concern” (préoccupation mineure) alors que l’autre endémique, le Viréo de Cozumel est “near threatened” (presque menacé) car localisé et peu commun. Malgré son comportement discret, il apparaît plus facile d’observer le viréo que l’émeraude, sauf dans les zones urbaines que le viréo évite. Espérons que nos observations ne traduisent pas une diminution récente qui est passée sous les radars jusqu’ici…

Il est dommage que la population de ce colibri soit si mal connue, mais c’est encore pire pour son comportement. Absolument rien n’est publié. Tous les colibris se nourrissant de nectar et d’insectes, on prend peu de risques en disant qu’il fait pareil même si, sur le terrain, nous ne l’avons vu uniquement manger dans les fleurs (sans parler des mangeoires qui fournissent de l’eau sucrée).

Le nid et la reproduction ne sont pas décrits du tout. Il est cependant très possible que la reproduction se déroule comme chez les autres colibris, telle que décrite à la page de notre référence, le Colibri cyanote.

Taxonomie

Cette espèce est, bien entendu, monotypique. Elle a été considérée comme une sous-espèce de l’Émeraude de Canivet par le passé et leur proximité ne fait aucun doute. Ce sont des espèces-sœurs ; plus d’explications dans la vidéo en bas de page.

Émeraude de Cozumel, San Miguel de Cozumel (Quintana Roo), Mexique, avril 2021
La longue queue fourchue est typique de l’espèce et même à l’origine de son nom scientifique “forficatus”. En effet, le radical est issu du latin, “forficis”, qui signifie “paire de ciseaux”. Dans sa minuscule aire de répartition, la confusion est impossible avec une autre espèce. Le seul autre colibri résident est un mango (voir plus bas), très différent.
Émeraude de Cozumel, El Cedral, île de Cozumel (Quintana Roo), Mexique, avril 2021
La femelle est très différente du mâle, avec notamment le dessous gris est une zone sombre sur les parotiques.
Émeraude de Cozumel, El Cedral, île de Cozumel (Quintana Roo), Mexique, avril 2021
Voici les deux espèces de Trochilidae qui se reproduisent sur Cozumel : à gauche, l’endémique et, à droite, le Mango de Prévost. Les deux individus sont de femelle, profitant d’une des rares mangeoires qui existent à Cozumel. On voit la différence de taille significative.

Dans cette vidéo, on explique l’origine de cette espèce pour illustrer la notion même d’endémisme.

[Espèce Nº1203 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2021

Liste des autres espèces illustrées : taxonomique – jour par jour

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3 thoughts on “Émeraude de Cozumel – Chlorostilbon forficatus

  1. Un véritable joyau, ce Colibri ! Il mérite bien son appellation Émeraude de Cozumel : témoin l’irrésistible vert du plumage..un peu plus terne , la femelle !? …elle n’est pas moins compagne- vedette !

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  2. Le mot émeraude proviendrait du latin smaragdus, déformation du mot perse zamarat qui veut dire « cœur de pierre ». Et bien ce bel Emeraude de Cozumel m’a touché le coeur et je ne suis pas restée insensible à son charme

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