Étourneau sansonnet – Sturnus vulgaris

Espèce de référence – publiée le 19 mai 2020
Publication complètefamille des Sturnidae (étourneaux, stournes, choucadors…)
En anglais : Common Starling in English

Sturnus_vulgaris_main_colorado_usa_adulteCet oiseau est connu, abondant et a été introduit en diverses parties du monde, notamment en Afrique australe et en Amérique du Nord où il prospère. Naturellement, il est répandu depuis les Açores jusque dans l’est de la Mongolie. Les populations nordiques sont migratrices et atteignent une vaste zone depuis les îles Canaries jusqu’à l’Inde. Sur la péninsule Ibérique, certaines îles de Méditerranée occidentale et centrale ainsi qu’en Afrique du Nord, il est toutefois remplacé par l’Étourneau unicolore.

Cet oiseau est l’exemple parfait d’un opportuniste. Il mange presque de tout et choisit surtout ce qui est abondant : des insectes quand ils sont présents, sinon des fruits, des baies et des graines selon les disponibilités.  Il profite de ressources artificielles telles que des déchets (voir à ce titre notre article “l’oiseau qui aime le plastique“), de la nourriture pour humain mal protégée, des restes de repas, etc.

Il est aussi opportuniste en nidification utilisant une large variété de cavités artificielles comme naturelles pour installer son nid.  Bien que principalement cavicole, il est capable de construire un nid de toutes pièces dans de la végétation dense. La préparation du nid ou de la cavité est le travail du mâle, et la femelle choisit son mâle notamment selon la qualité de l’habitation.

La femelle pond le plus souvent cinq œufs et couve deux semaines, aidée très partiellement par le mâle. Les deux parents nourrissent les petits durant trois semaines.

Enfin, il est opportuniste quant aux milieux qu’il fréquente : hormis en haute montagne et en mer, on le rencontre partout où il y a de la nourriture pour lui.

Taxonomie et sous-espèces

Cet étourneau est “sœur” avec l’Étourneau unicolore ; ces deux taxons étaient anciennement classés en sous-espèces et désormais considérés comme allo-espèces.

On reconnaît habituellement 12 sous-espèces mais elles diffèrent seulement en petites nuances de plumage difficiles à saisir sur le terrain car les couleurs varient beaucoup avec l’usure du plumage. Voyez notre analyse illustrée de photos des Açores, plus bas.

Sturnus_vulgaris_nominal_1fr_male_adulte_nuptial_vol_ailes_primaire

Sturnus_vulgaris_nominal_1fr_male_adulte_nuptial_taches_usure

Sturnus_vulgaris_7fr_france_gironde_taches_estompees_femelle_nuptial

Sturnus_vulgaris_8fr_france_gironde_nid_cavite_arbre_femelle_nuptial

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Sturnus_vulgaris_nominal_6fr_juveniles_frasnes_belgique_groupe

Conservation et identification des sous-espèces :
L’Étourneau sansonnet des Açores, un cas d’école

Il y a diverses sous-espèces décrites avec des nuances de plumage, prenons comme exemple Sturnus vulgaris granti qui est endémique aux Açores (Portugal). Toutes les photos ci-dessous sont prises sur Sao Miguel en juin 2015.

Selon la littérature, cette sous-espèce montrerait un plumage “plus largement” pourpré sur les parties supérieures, des pattes un peu plus courtes et une taille inférieure. La taille ne peut pas se voir sur les photos, vérifions pour la couleur.

Sturnus_vulgaris_granti_14_saomiguel_azores_adulteOn ne voit pas de pourpré dessus… et dessous ?

Sturnus_vulgaris_granti_13_saomiguel_azores_adulteOn dirait que cet oiseau n’a pas de pourpré du tout. Son plumage est-il trop usé ? regardons un autre individu. Notez du jaunâtre sur son menton, il a sûrement consommé du pollen.

Sturnus_vulgaris_granti_12_saomiguel_azores_adulte_internuptialLui a de jolis reflets verts, donc son plumage n’est pas si usé. Toujours pas de pourpré… il a le bec noir, c’est un oiseau internuptial. Ce critère ne serait-il valable qu’en plumage nuptial ? Voyons ci-dessous un individu qui a encore son bec jaune.

Sturnus_vulgaris_granti_11_saomiguel_azores_adulteIl y a quelques reflets pourprés ou violets sur le côté du cou, mais nettement moins que du vert. Différent plumage, différentes lumières… différents rendus : clairement, si l’information donnée dans la littérature est certainement juste, nous ne pourrons jamais identifier un individu qui serait en dehors de sa répartition. Oui, les pattes sont courtes, mais si cet oiseau était vu en France, personne ne le distinguerait des Étourneaux sansonnets locaux. La situation inverse est vraie aussi : un Étourneau sansonnet nominal égaré aux Açores passerait inaperçu. Si un observateur attentif remarquait ses pattes courtes ou longues selon le cas, il ne pourrait jamais affirmer qu’il s’agisse de telle ou telle sous-espèce plutôt qu’un individu qui a des pattes un peu plus longues ou plus courtes, sans une analyse génétique.

Justement, des analyses génétiques de ce taxon des Açores ont eu lieu. Il y avait une motivation à peine cachée : les étourneaux mangent les œufs des Sternes de Dougall, espèce menacée dans l’Atlantique nord. Certains ont suggéré l’éradication des étourneaux, comme si cette espèce présente depuis des milliers d’années dans l’archipel où prospérait la sterne avant l’arrivée de l’homme avait la moindre responsabilité quant à la diminution de cette dernière. D’autres ornithologues se sont inquiétés pour l’étourneau. Non pas pour la mort ou la souffrance d’individus vivants et sensibles, mais pour la classification : si c’est une sous-espèce endémique, voire une espèce endémique, il faut le protéger et surtout pas l’éradiquer.

Pour simplifier, les résultats sont mitigés. D’une part, une très faible divergence génétique entre les individus de l’archipel montre qu’ils sont effectivement isolés des oiseaux du continent et donc on a bien une espèce en formation. À l’inverse, la divergence moyenne entre cette population et les oiseaux continentaux est faible. La conclusion ?

Une simple sous-espèce pour certains (classement traditionnel), même pas une sous-espèce pour d’autres (car la divergence génétique et, comme nous l’avons vu sur les photos, phénotypique, est faible)… mais une espèce distincte pour les partisans d’un concept phylogénétique d’espèce. En effet, ce taxon est isolé des autres donc il diverge inéluctablement et sa disparition serait la fin d’une espèce biologique… future.

L’oiseau n’a pas été éradiqué, heureusement, mais des programmes de régulation ont localement été mis en place, autour des colonies de sternes. Une approche totalement inefficace de la conservation, bien évidemment. La pêche est responsable de la diminution des sternes, absolument pas les étourneaux.

Terminons avec une photo d’un juvénile de notre taxon insulaire pour confirmer qu’il paraît parfaitement identique aux juvéniles du continent.

Sturnus_vulgaris_granti_10_saomiguel_azores_juvenile

[Espèce Nº870 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2020

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