Goéland brun – Larus fuscus

Espèce complexe à reclasser – publiée le 22 juin 2019
Publication complète – famille des Laridae (sternes, mouettes, etc.)
En anglais: Lesser Black-backed Gull in English

Larus_fuscus_main.JPGCe goéland est peut-être le plus mal compris de tous au niveau taxonomique. Dans sa classification actuelle, il représente peut-être 4 espèces différentes mais, d’un autre côté, il y a des raisons pour le considérer comme une sous-espèce du Goéland argenté, voire du Goéland leucophée. D’autres goélands peuvent potentiellement être regroupés avec le Goéland brun (même le Goéland pontique !) ou avec une des ses sous-espèces qui serait classée, dans le futur, séparément… 

Dans la classification que nous suivons ici, cet oiseau niche depuis l’Islande à l’ouest jusqu’au Taïmyr (Sibérie) à l’est ; plus localement, il niche sur les côtes tempérées d’Europe occidentale et dans les steppes d’Asie centrale.

La majorité fréquente les côtes froides en été, et migre jusqu’en Amérique centrale (principalement la côte Atlantique), en Afrique (les côtes mais aussi les grands lacs comme en Ouganda et en République Démocratique du Congo) et sur les côtes de la mer Rouge, de l’océan Indien à l’est jusque dans le Pacifique (notamment la Corée du Sud et le sud du Japon).

La nidification rappelle celle décrite pour le Goéland leucophée avec lequel il existe des colonies mixtes et des cas d’hybridation mais le cycle de reproduction est un peu plus rapide, ce qui correspond à sa taille légèrement moins imposante.

Taxonomie et sous-espèces

Complexe et loin d’être résolue ! Nous essayons de débroussailler le terrain, mais il ne fait aucun doute que des évolutions auront lieu.

Goéland de la Baltique Larus (fuscus) fuscus

La sous-espèce nominale au manteau noir et à la taille réduite, avec des longues ailes et un bec étroit (donnant un aspect élégant) est peut-être une espèce indépendante des autres taxons (Larus fuscus serait alors monotyique). Le problème vient notamment des individus les plus orientaux du taxon suivant qui ont un phénotype indiscernable malgré une isolation génétique assez nette.

Goéland brun Larus (fuscus) graellsii

Le “vrai” Goéland brun est composé de la sous-espèce occidentale au manteau pâle L. f. graellsii et de la sous-espèce L. f. intermedius qui varie d’assez pâle à l’ouest à foncé à l’est, identique au Goéland de la Baltique. Des cas d’hybridation avec le Goéland argenté ainsi qu’avec le Goéland leucophée sont observés, mais pas avec le Goéland de la Baltique (isolation génétique de plusieurs dizaines de milliers d’années).

Goéland des steppes Larus (fuscus) barabensis

Ce taxon de l’intérieur de terres (il niche au Kazakhstan et de l’autre côté de la frontière, en Russie) a un mode de vie particulier, mais ses plumages, surtout immatures, sont souvent indiscernables de ceux du Goéland de Sibérie. Il hiverne massivement sur les côtes de l’océan Indien et du golfe Persique où il est vu en compagnie de ce dernier. Les identifier est un casse-tête sans fin.

Il est parfois considéré comme une espèce à part, comme une sous-espèce du Goéland de Sibérie (lorsque celui-ci est séparé du brun) ou même une sous-espèce du Goéland pontique (Larus cachinnans), lui même anciennement regroupé avec le Goéland argenté (Larus argentatus) et/ou le Goéland leucophée. Complexe, disions-nous ?

Goéland de Sibérie Larus (fuscus) heuglini

Cet oiseau ressemble beaucoup au Goéland brun (surtout L. f. graellsii) mais plus massif avec les parties dénudées moins vives. Il s’hybride occasionnellement avec le Goéland de la Baltique et le Goéland argenté (duquel il a été considéré comme une sous-espèce). Cet oiseau est un bon exemple de toute la complexité du problème : d’une part, étant intermédiaire entre le Goéland brun (incluant “de la Baltique”) et le Goéland argenté, il pourrait faire penser que ces deux taxons ne forment qu’une seule espèce. À l’inverse, avec un pattern de mue bien distinct de tous les autres, il est parfois proposé comme espèce distincte !

Dans ce cas, il est parfois considéré comme polytypique, avec la sous-espèce Larus heuglini taymirensis qui est un peu plus grande et un peu plus pâle. Ce taxon, s’il est valide, est un mystère ; il a parfois considéré comme un hybride entre le Goéland de Sibérie et le Goéland de la Véga.

Si nous considérons, provisoirement, tous les taxons ci-dessous comme appartenant à la même espèce (avec beaucoup de réserves), nous estimons que les taxons ci-dessous ne font pas partie de Larus fuscus. Ils sont toutefois proches et la situation évoluer pour eux aussi. Nous les décrivons ici pour offrir un tableau le plus complet de la situation.

Goéland de la Véga Larus (smithonianus) vegae

S’il est moins progressif que le cline ouest-est d’oiseaux clairs (graellsii) vers les sombres (fuscus) d’Europe du nord, le Goéland de la Véga semble représenter une partie d’un cline ouest-est d’oiseaux sombres (fuscus) vers des clairs… en Amérique du Nord ! Regardons, de façon plus visuelle : Finlande, mer Baltique : manteau noirâtre (graellsii) ; Sibérie occidentale, manteau gris (heuglini) ; Sibérie orientale, manteau gris clair (vegae) tel un Goéland leucophée ; Amérique du Nord, manteau très clair (smithonianus, Goéland hudsonien) quasiment indiscernable du Goéland argenté. Finalement, si le Goéland argenté n’était autre que le suite logique du cline qui aurait traversé l’Atlantique ?

La science est loin d’avoir tranché, citons HBW Alive à la page du Goéland argenté : Taxonomy of present species and its close relatives represent one of the most complex challenges in systematic ornithology. Nous pouvons traduire par : “la taxonomie de cette espèce et ses proches représente un de challenge le plus complexes en systématique ornithologique”. On ne peut qu’approuver…

Goéland de Mongolie Larus (smithonianus) mongolicus

C’est un taxon proche de tous ceux citez ci-dessous ; il est actuellement classé comme sous-espèce du Goéland hudsonien (ancienne sous-espèce du Goéland argenté, nord-américaine) comme le Goéland de la Véga. Il va s’en dire que cette classification est hautement discutable. Comme le Goéland des steppes, c’est un migrateur qui niche loin des mers mais hiverne sur les côtes.

Ce complexe est intimement lié à celui du Goéland leucophée, nous vous invitons à lire la section “taxonomie et sous-espèce” de cette espèce pour aller plus loin.

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[Espèce Nº538 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2019 – 2020

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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