Goéland leucophée – Larus michahellis

Espèce de référence – publiée le 21 juin 2019
Publication complète – famille des Laridae (sternes, mouettes, etc.)
En anglais: Yellow-legged Gull in English

Larus_michahellis_main.JPGCe grand goéland est commun dans une grand partie de l’Europe et de l’Afrique du Nord, et il est globalement en augmentation. S’il était méconnu il y a trente ans, car considéré comme le “Goéland argenté à pattes jaunes”, il est maintenant un des Laridae parmi les mieux connus, étudiés et photographiés ; il est parfois persécuté aussi, car certains l’estiment “trop” abondant.

Ce goéland est un exemple d’adaptation au monde en évolution hyper-rapide que l’homme a mis en place. C’est un oiseau très opportuniste et sans spécialisation ; pour consommer le poisson qu’il aime manger, il est souvent dépendant d’individus malades, morts ou blessés ou d’autres oiseaux auxquels il vole la proie. Ainsi, naturellement, il est assez peu commun. Toutefois, ayant appris à profiter des déchets produits par les humains, rejets de pêches, dépotoirs, nourriture laissée par les gens sur la plage ou même sur une terrasse, etc., il devient de plus en plus abondant. Plus il y en a, plus des individus tentent leurs chances, et consomment des œufs, des jeunes oiseaux trouvés aux nids, des animaux capturés par surprise, etc.

Les nids sont installés le plus souvent en colonies, qui peuvent totaliser jusqu’à des milliers de couples. La construction est le travail des deux parents qui utilisent de la végétation (y compris aquatique), des plumes et divers déchets (même des os) pour aménager le nid. Celui-ci est installé au sol, près ou sous un buisson, dans une touffe de végétation ou un arbuste et même à la fourche d’un arbre. Comme pour la nourriture, c’est un opportuniste très téméraire et, de plus en plus, il place simplement son nid sur le toit des maisons.

L’incubation (surtout par la femelle) dure quatre semaines et le jeune, qui nage dès ses dix jours s’il naît près de l’eau, s’emplume en six ou sept semaines.

Taxonomie et sous-espèces

Plus les recherches avancent, plus la situation est confuse. Le Goéland leucophée était considéré comme une sous-espèce du Goéland pontique par le passé et, encore avant, comme une sous-espèce du Goéland argenté. Certes, regrouper ces trois taxons n’était pas cohérent, mais la classification actuelle ne l’est guère plus.

Aujourd’hui, le Goéland leucophée est considéré comme une espèce distincte divisée en deux sous-espèces : la nominale des côtes atlantiques d’Europe de l’ouest et d’Afrique du Nord jusqu’à la Pologne et la Turquie ; et L. m. atlantis dans les îles de l’Atlantique : Canaries, Madère et Açores.

Cette sous-espèce de l’Atlantique présente un manteau plus foncé et une taille plus petite, rappelant ainsi… le Goéland brun (Larus fuscus graellsii). Le Goéland leucophée présente un cline ouest-est d’oiseaux plus foncés (L. m. atlantis) vers du plus clairs (L. m. michahellis) de façon progressive, au point que les intermédiaires de la côte Atlantique depuis le sud-ouest de la France jusqu’au Portugal soient parfois considérés comme une sous-espèce distincte : L. m. lusitanicus. En réalité, les oiseaux des Açores sont les plus petits et plus foncés, et certains estiment que L. m. atlantis est en fait limité à cet archipel.

Le Goéland brun montre aussi un cline, mais dans l’autre sens : des plus foncés autour de la Baltique (L. f. fuscus) vers des plus clairs dans les îles Britanniques (L. f. graellsii) via des intermédiaires justement nommé (L. f. intermedius). On est en droit de se demander si ces “atlantis” sont vraiment des Goélands leucophées un peu petits et foncés, ou des Goélands bruns un peu clairs et au bec plus gros ? Ou alors, seraient-il basals des deux (il serait donc “à l’origine” commune des deux) ce qui impliquerait de les considérer comme une troisième espèce ou de regrouper le Goéland brun avec le Goéland leucophée.  Les études génétiques montrent que tous ces goélands sont extrêmement proches les uns des autres, et les résultats de ces études ne permet pas encore d’avoir une classification indiscutable.

À l’est, les Goélands leucophées sont les plus pâles, et rappellent donc plus le Goéland pontique avec lequel des hybrides sont observés. En Asie mineure, on voit aussi des hybrides avec le Goéland d’Arménie, espèce qui a été anciennement considéré comme une sous-espèce du Goéland leucophée…

Larus_michahellis_4fr.jpg

Larus_michahellis_3fr.JPG

Larus_michahellis_2fr.jpg

Larus_michahellis_8fr.jpg

Larus_michahellis_6fr.jpg

Larus_michahellis_5fr.jpg

Larus_michahellis_7fr.jpg

Larus_michahellis_9fr.jpg

Larus_michahellis_10fr.jpg

[Espèce Nº537 du projet d’encyclopédie holistique]

Photos et textes © Valéry Schollaert 2019

Liste des autres espèces illustrées: taxonomique – jour par jour

Untitled 2

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s