Grande Aigrette – Ardea alba

Espèce de référence – publiée le 13 février 2018
Publication complète – famille des Ardeidae (hérons, aigrettes, bihoreaux,…)
En anglais: Great Egret in English

ardea_alba_main

Cet oiseau est cosmopolite dans sa classification actuelle. Il a été mis en danger, à l’instar d’autres aigrettes comme l’Aigrette garzette et l’Aigrette neigeuse, pour ses plumes. Toutefois, désormais protégées presque partout, les populations se portent bien et même augmentent ou ont fortement augmenté récemment comme en Europe et en Amérique du Nord. Localement, l’espèce peut être menacée comme à Madagascar où les œufs sont collectés pour être mangés. 

Cette élégante espèce est coloniale et peut faire des grandes colonies, souvent avec des spatules, ibis, hérons, cigognes, pélicans, etc. Elle installe son nid dans les arbres, des gros massifs de buissons ou dans les roseaux.

La durée d’incubation est variable, individuellement et selon les sous-espèces, de 23 à 29 jours. Idem pour la durée dont les jeunes ont besoin pour s’emplumer : entre 35 à 60 jours.

Méthode Formation Ornitho : régime alimentaire des Ardea

Les hérons et aigrettes sont souvent des oiseaux opportunistes. Ils sont capables de pêcher et les tactiques  sont très nombreuses, voyez plusieurs exemples avec une autre espèce de référence : l’Aigrette garzette.  Les observateurs ont noté pas moins de 26 techniques de pêche ou de chasse différentes chez la Grande Aigrette !

En plus des poissons, qui peuvent être la principale nourriture mais pas toujours, les Ardea consomment tout type de proies. Petits mammifères, petits oiseaux, amphibiens, reptiles, des araignées, des insectes et des crustacés. Elle pêche surtout des petites proies s’il y a un risque de se la faire voler par un rapace. À l’inverse, elle peut tenter de voler la proie d’un autre oiseau ou même d’un mammifère (comme une loutre) si celle-ci est grosse. Elle a été vue nourrissant ses jeunes avec des poussins de gallinules.

Taxonomie et sous-espèces

ardea_alba_7frPeu d’oiseaux posent autant de problèmes de classification que la Grande Aigrette ! Anciennement considérée comme une aigrette classique du genre Egretta, divers aspects morphologiques ont poussé les spécialistes à reconsidérer la question. Elle a alors été tantôt placée dans son genre monotypique Casmerodius ou avec les hérons dans le genre Ardea. Les trois classifications ont co-existé au moins 20 ans avant que la génétique ne démontre que cet oiseau n’est pas une aigrette Egretta. Le choix de le classer avec les hérons Ardea ou dans son genre monotypique reste discutable.

La génétique montre que les différentes sous-espèces sont divergentes les unes des autres. Le cas n’est pas encore réglé. La sous-espèce A. a. modesta (de l’Inde à la Nouvelle-Zélande) est considérée comme la plus distincte de la nominale A. a. alba du Paléarctique, mais l’africaine A. a. melanorhynchos semble intermédiaire entre les deux…

Nous avons donc actuellement (sachant qu’un changement soit possible dans le futur) la Grande Aigrette comme espèce polytypique dans le genre Ardea (sans espèce-sœur) avec les sous-espèces divisées par grandes régions bio-géographiques: A. a. egretta (toute l’Amérique), A. a. alba (Paléarctique, y compris Afrique du Nord et Moyen-Orient), A. a. melanorhynchos en Afrique au Sud du Sahara et Madagascar et, enfin, A. a. modesta dans la zones indienne, orientale et océanique.

ardea_alba_5fr

ardea_alba_3fr

ardea_alba_1fr

ardea_alba_2fr

ardea_alba_4fr

Mise à jour du 17 avril 2019

Voici quatre images d’Ardea alba modesta prises à Tissamaharama (Sri Lanka) en mai 2018. Deux photos d’un nid occupé dans une vaste colonie mixte de divers espèces dont d’autres Ardeidae, des Ciconiidae et des rapaces comme l’Aigle huppé et le Pygargue à tête grise. Cette colonie est installée dans des grands arbres qui accueillent un dortoir de plusieurs milliers de de Roussettes géantes (Pteropus giganteus) dont un individu est visible sur la première image. Plus bas, deux oiseaux en transition entre le nuptial et l’internuptial.

Dernière photo : la sous-espèce américaine (A. a. egretta) qui se nourrit sur le bord de mer à Santa Marta (Colombie) en décembre 2016. On voit le bec jaune plus vif, un peu plus orangé que chez les autres.

ardea_alba_11sri

ardea_alba_12sriardea_alba_10sri

ardea_alba_13sri.JPG

ardea_alba_14co.JPG

[Espèce Nº44 du projet d’encyclopédie holistique]

Photos et textes © Valéry Schollaert 2018

Liste des autres espèces illustrées: taxonomiquejour par jour

Untitled 2