Grande Aigrette – Ardea alba

Espèce de référence – Page complète
Famille des Ardeidae (hérons, aigrettes, bihoreaux,…) –  Great Egret in English
Première publication : 13 février 2018 – Dernière mise à jour : 13 février 2022

ardea_alba_mainCet oiseau est cosmopolite dans sa classification actuelle. Il a été mis en danger, à l’instar d’autres aigrettes comme l’Aigrette garzette et l’Aigrette neigeuse, pour ses plumes. Toutefois, désormais protégées presque partout, les populations se portent bien et même augmentent, ou ont fortement augmenté récemment, comme en Europe et en Amérique du Nord. Localement, l’espèce peut être menacée, par exemple à Madagascar, où les œufs sont collectés pour être mangés. 

Cette élégante espèce est coloniale et peut faire des grandes colonies, souvent avec des spatules, ibis, hérons, cigognes, pélicans, etc. Elle installe son nid dans les arbres, des gros massifs de buissons ou dans les roseaux.

La durée d’incubation est variable, individuellement et selon les sous-espèces, de 23 à 29 jours. Idem pour la durée dont les jeunes ont besoin pour s’emplumer : entre 35 à 60 jours.

Méthode Formation Ornitho : régime alimentaire des Ardea

Les hérons et aigrettes sont souvent des oiseaux opportunistes. Ils sont capables de chasser et de pêcher et les tactiques sont très nombreuses, voyez plusieurs exemples avec une autre espèce de référence : l’Aigrette garzette.  Les observateurs ont noté pas moins de 26 techniques de pêche ou de chasse différentes chez la Grande Aigrette !

En plus des poissons, qui peuvent être la principale nourriture mais pas toujours, les Ardea consomment tout type de proies. Petits mammifères, petits oiseaux, amphibiens, reptiles, des araignées, des insectes et des crustacés. Elle pêche surtout des petites proies s’il y a un risque de se la faire voler par un rapace. À l’inverse, elle peut tenter de voler la proie d’un autre oiseau ou même d’un mammifère (comme une loutre) si celle-ci est grosse. Elle a été vue nourrissant ses jeunes avec des poussins de gallinules.

Taxonomie et sous-espèces

Grande Aigrette (A. a. melanorhynchos) Kasese, Uganda, octobre 2014
Les Ardeidae restent peu de temps en plumage nuptial. C’est donc assez rare de voir ces pattes et ce bec aussi noirs et ces longues plumes décoratives!

Peu d’oiseaux posent autant de problèmes de classification que la Grande Aigrette ! Anciennement considérée comme une aigrette classique du genre Egretta, divers aspects morphologiques ont poussé les spécialistes à reconsidérer la question. Elle a alors été tantôt placée dans son genre monotypique Casmerodius ou avec les hérons dans le genre Ardea. Les trois classifications ont co-existé au moins 20 ans avant que la génétique ne démontre que cet oiseau n’est pas une aigrette Egretta. Le choix de le classer avec les hérons Ardea ou dans son genre monotypique reste discutable.

La génétique montre que les différentes sous-espèces sont divergentes les unes des autres. Le cas n’est pas encore réglé. La sous-espèce A. a. modesta (de l’Inde à la Nouvelle-Zélande) est considérée comme la plus distincte de la nominale A. a. alba du Paléarctique, mais l’africaine A. a. melanorhynchos semble intermédiaire entre les deux…

Nous avons donc actuellement (sachant qu’un changement soit possible dans le futur) la Grande Aigrette comme espèce polytypique dans le genre Ardea (sans espèce-sœur) avec les sous-espèces divisées par grandes régions bio-géographiques : A. a. egretta (toute l’Amérique), A. a. alba (Paléarctique, y compris Afrique du Nord et Moyen-Orient), A. a. melanorhynchos en Afrique au Sud du Sahara et Madagascar et, enfin, A. a. modesta dans la zones indienne, orientale et océanique.

Grande Aigrette (A. a. egretta), Ciudad del Carmen (Campeche), Mexique, novembre 2021
Avec le cou tendu, on peut mieux visualiser la forme particulièrement allongée et svelte de cette espèce.
Grande Aigrette (A. a. egretta), Ciudad del Carmen (Campeche), Mexique, novembre 2021
La taille est difficile à estimer sans point de comparaison. Ici, vue à coté d’une Mouette atricille qui n’est pas un petit Laridae, la taille importante est flagrante.
Grande Aigrette (A. a. egretta), Ciudad del Carmen (Campeche), Mexique, novembre 2021
En vol, on voit l’envergure impressionnante de cet Ardeidae. Le plumage tout blanc est commun chez les oiseaux de cette famille.
Grande Aigrette (A. a. egretta), Ciudad del Carmen (Campeche), Mexique, novembre 2021
Les lores turquoises sont un signe nuptial, visible en période de reproduction. Le reste de l’année, les lores sont jaunes.
Grande Aigrette (A. a. alba), Dubaï, Émirats Arabes Unis, mars 2015
Les lores ont une signification sexuelle et changent de couleur lors d’une courte période, au moment de l’accouplement. Le bec et les pattes changent également de couleur; ces variations ne sont pas toujours bien synchronisées et toutes les combinaisons existent!
Grande Aigrette (A. a. alba), Héron cendré et Ibis falcinelle, Dubaï, Émirats Arabes Unis, mars 2015
La couleur des pattes est variable et donc peu fiable pour l’identification.
Grande Aigrette (A. a. alba), Dubaï, Émirats Arabes Unis, mars 2015
Ses longues pattes lui permettent de marcher en eau assez profondes, et son long cou sert à aller pêcher assez loin sous la surface de l’eau. Cette spécialisation ne l’empêche pas d’être opportuniste et aller également chercher sa nourriture dans les campagnes agricoles.
Grande Aigrette (A. a. melanorhynchos), Moremi, Botswana, 2015
“Bec noir” est le nom de cette sous-espèce africaine (μελανος = black; ῥυγχος = le bec). En dehors du court plumage nuptial, le bec est toutefois jaune comme chez les autres sous-espèces.

Mise à jour du 17 avril 2019

Voici quatre images d’Ardea alba modesta prises à Tissamaharama (Sri Lanka) en mai 2018. Deux photos d’un nid occupé dans une vaste colonie mixte de divers espèces dont d’autres Ardeidae, des Ciconiidae et des rapaces comme l’Aigle huppé et le Pygargue à tête grise. Cette colonie est installée dans des grands arbres qui accueillent un dortoir de plusieurs milliers de de Roussettes géantes (Pteropus giganteus) dont un individu est visible sur la première image. Plus bas, deux oiseaux en transition entre le nuptial et l’internuptial.

Dernière photo : la sous-espèce américaine (A. a. egretta) qui se nourrit sur le bord de mer à Santa Marta (Colombie) en décembre 2016. On voit le bec jaune plus vif, un peu plus orangé que chez les autres.

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Grande Aigrette (A. a. modesta) Tissamaharama, Sri Lanka, mai 2018
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Grande Aigrette (A. a. modesta) Tissamaharama, Sri Lanka, mai 2018
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Grande Aigrette (A. a. modesta) Tissamaharama, Sri Lanka, mai 2018
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Grande Aigrette (A. a. modesta) Tissamaharama, Sri Lanka, mai 2018
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Grande Aigrette (A. a. egretta), Santa Marta, Colombie, décembre 2016

Ayant des photos en grand format de cette espèce, j’en ai publiée une sur Flickr. Cliquez sur la photo pour la voir en très grand !

[Espèce Nº44 du projet d’encyclopédie holistique]

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sommaire

Photos et textes © Valéry Schollaert & Marinella Mejia 2018 – 2022

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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2 thoughts on “Grande Aigrette – Ardea alba

  1. Observée en héronnière avec le héron cendré. J’aime ces plumes légères qui volent au vent et le bec bien jaune en période nuptiale

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