Grimpar à bec ivoire – Xiphorhynchus flavigaster

 Espèce de référence – publiée le 24 février 2021
Publication complèteFamille des Furnariidae (grimpars, fourniers, synallaxes, cinclodes…)
En anglais : Ivory-billed Woodcreeper in English

Ce gros grimpar est répandu et souvent commun en Amérique centrale, depuis le nord du Mexique jusqu’au nord du Costa Rica. C’est un des rares grimpars à préférer les milieux secs aux milieux humides, mais il est présent dans une impressionnante variété de milieux, depuis les boisements les plus secs jusqu’aux forêts tropicales humides via les forêts de montagne. Il est régulier jusqu’à 1500 mètres dans les mélanges de pins et de chênes mais des observations jusqu’à près de 3000 mètres, dans des pinèdes, ont été rapportées.

Cette espèce est le premier Furnariidae de l’Encyclopédie Holistique. Malgré qu’elle rassemble plus de 300 espèces (c’est la sixième famille d’oiseaux la plus diversifiée du monde), peu de naturalistes européens la connaissent. Plus spectaculaire encore, elle n’existe que dans une seule zone biogéographique, le Néotropical. Parmi les familles ainsi endémiques à une région majeure, la deuxième la plus diversifiée, du Néotropical également, est celle des bataras, grisins etc. (Thamnophilidae) avec 234 espèces. Les plus grandes familles endémiques d’autres régions ont au maximum une quarantaine d’espèces (comme les paradisiers Paradisaeidae en Océanie et les barbicans Lybiidae en Afrique). Ces chiffres montrent à quel point les Furnariidae sont extraordinaires de diversité.

Cette formidable diversification se constate aussi dans l’adaptation à quasiment tous les habitats terrestres avec plein de stratégies de chasse et de reproduction différentes. C’est l’autre extrême comparé aux colibris. Eux aussi rassemblent plus de 300 espèces, eux aussi sont américains (Néotropical et Néarctique), mais tous mangent du nectar et des insectes. Les Furnariidae, ne peuvent pas être généralisés : ils mangent de tout, utilisent tout type de niche écologique, vivent aussi bien dans les déserts les plus arides, sur les plage, dans l’altiplano (zone alpine des Andes) que dans les forêts tropicales humides, dans les marais, les savanes, etc.

Certains marchent dans les milieux ouverts comme des limicoles, d’autres sont de petits insectivores des branchages comme des prinias ou des gobemoucherons, les fourniers rappellent plus les merles et les grives et fabriquent des nids en “four” à l’origine du nom anglais “ovenbirds”, quelques-uns se prennent pour des pies-grièches, etc. Cela paraît presque infini. Dans cette assemblage monophylétique, au moins 50 espèces grimpent sur les troncs comme les pics et les grimpereaux ; rares sont les grimpars aussi petits que les grimpereaux mais il y a les sittines (Xenops), apparentées aux grimpars, qui sont minuscules et grimpent plutôt comme le font les sittelles, d’où leur nom français.

Il y a par contre des grimpars de grande taille. Celui-ci est dans la moyenne supérieure ; pour donner une idée à un naturaliste européen, sa taille est un peu au-dessus de celle du Pic épeiche. La présentation du mode de vie de ce grimpar sera la référence pour ceux-ci, mais en gardant à l’esprit que d’autres espèces de la famille ont des modes de vie extrêmement différents.

Méthode Formation Ornitho : chasse et reproduction des grimpars

Habituellement, les grimpars font comme les grimpereaux (voir la fiche du Grimpereau des jardins) : ils commencent leur chasse au pied d’un tronc et montent progressivement, en dessinant une spirale, et capturant les proies qui sont sur ou dans l’écorce de façon systématique. Au moins 80% des proies sont des invertébrés en tout genre (insectes, araignées, scorpions, limaces, etc.) mais des vertébrés peuvent également faire partie du menu. Le Grimpar à bec ivoire a un goût prononcé pour les lézards qui peuvent composé jusqu’à 20% du régime. Cette espèce n’hésite pas à descendre sur le sol, même sur une surface marécageuse, pour y chercher de la nourriture.

La reproduction des grimpars est difficile à étudier. Ce sont des oiseaux discrets, mimétiques et cavicoles. Ils ne creusent pas eux-mêmes mais trouvent des cavités naturelles dans de gros troncs ou des enchevêtrements de racines, notamment celles des figuiers “étrangleurs”. La plupart des espèces ne pondent qu’un, deux ou trois œufs au maximum ; ils sont monogames, territoriaux et les deux parents travaillent activement pour réussir leur nichée. Le Grimpar à bec d’ivoire ne fait pas exception, mais aucune information spécifique comme la durée des phases de la reproduction n’a été publiée.

Taxonomie et sous-espèces

Les variations régionales sont nombreuses, mais les variations individuelles aussi, et la division actuelle en huit sous-espèces n’est pas vraiment satisfaisante. La longueur du bec est variable tout comme certains petits détails du plumage (par exemple l’épaisseur du trait noir qui entoure les stries blanchâtres) et la coloration générale (plus brune et saturée en forêt tropicale, plus pâle en forêt sèche). Cette page est illustrée avec la sous-espèce nominale.

Il semblerait qu’il soit sœur avec le Grimpar maillé avec lequel il cohabite dans le sud de sa répartition. Ce dernier ne vit que dans les plaines et basses-montagnes humides, surtout en forêt tropicale et dans les mangroves, des milieux où le Grimpar à bec ivoire est peu commun ou absent.

Grimpar à bec ivoire,  La Crucecita (Huatulco), état d’Oaxaca, Mexique, février 2021
La position normale de cet oiseau sur les troncs et branches verticales rappelle celle d’un grimpereau géant ou, simplement, celle d’un pic (Picidae) ; rappelons que les pics, contrairement aux grimpars, ne sont pas des passereaux.
Grimpar à bec ivoire, La Crucecita (Huatulco), état d’Oaxaca, Mexique, février 2021
Leur champ d’action est limité par leur masse relativement élevée et le besoin de poser la queue sur l’écorce pour s’équilibrer. Ils paraissent ainsi assez maladroits.
Grimpar à bec ivoire, La Crucecita (Huatulco), état d’Oaxaca, Mexique, février 2021
C’est apparemment une observation exceptionnelle et on ne trouve, en ligne, aucune information sur le sujet. Ce grimpar vient de produire une pelote de régurgitation. La photo-bandeau du haut de page montre le même individu une fraction de seconde plus tôt, lorsque la pelote n’a pas encore atteint le bec.

[Espèce Nº1151 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2021

Liste des autres espèces illustrées : taxonomique – jour par jour

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2 thoughts on “Grimpar à bec ivoire – Xiphorhynchus flavigaster

  1. Très long bec courbé pour saisir plus facilement les insectes. Rappelle nos Grimpereaux mimétiques par rapport à la couleur des troncs

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