Héron garde-boeufs – Bubulcus ibis

Espèce de référence – publiée le 17 avril 2018
Publication complète – famille des Ardeidae (hérons, aigrettes, bihoreaux,…)
En anglais: Western Cattle Egret in English

Bubulcus_ibis_main.JPGVoici un petit héron très intéressant à plus d’un titre. Son comportement naturel est déjà passionnant, mais son adaptation à une activité humaine, l’élevage, est un cas d’école qui permet de comprendre beaucoup de choses concernant la modification des écosystèmes, les capacités d’adaptation de certaines espèces, le problèmes des espèces envahissantes et la différence entre les espèces indigènes et introduites.

Ce petit héron niche en colonies, parfois monospécifiques, parfois avec d’autres oiseaux de la même famille ainsi que des cigognes, des ibis, des spatules, etc. Malgré sa taille largement inférieure, la nidification rappelle celle de la Grande Aigrette avec laquelle il fait des colonies mixtes. Les jeunes s’emplument cependant plus vite (environ un mois).

Toujours à l’instar de la Grande Aigrette, il mange presque de tout, mais son format limite la taille de ses proies. S’il est capable d’une variété de techniques de chasse et de pêche, contrairement aux aigrettes, il mange peu de poissons et beaucoup plus d’invertébrés. En effet, sa spécialité est de capturer des insectes fuyant les sabots des herbivores. Il peut les capturer au sol comme en vol. Cette stratégie fonctionne avec tous les grands herbivores, y compris les domestiques. C’est ainsi qu’il a profité de manière spectaculaire de la déforestation effectuée au profit de l’élevage. Il a ainsi appris à accepter la présence de l’homme et consommer les insectes dérangés par les pattes des vaches, zébus, chèvres, moutons, etc.

Méthode Formation Ornitho : un invasif naturel et sauvage

Ce héron est très proche d’un taxon asiatique, Bubulcus coromandus, avec lequel il est habituellement considéré conspécifique malgré un plumage nuptial assez différent et de petites différences de forme. Leur stratégie de chasse est toutefois identique. C’est ainsi que celui-ci a colonisé toute l’Afrique, une partie de l’Europe où il progresse vite, l’Amérique (aussi en augmentation) et il avance (plus doucement) au Moyen-Orient. L’autre, que nous appelons Héron garde-buffles sur notre site, est sur le même chemin. Depuis l’Asie méridionale qu’il ne quittait pas avant les transformations imposées par l’homme, il s’est étendu jusqu’au Japon et en Nouvelle-Zélande.

Nous avons donc deux parfaits exemples d’une espèce qui profite d’une activité humaine. La disparition des espèces forestières n’est évidemment pas la conséquence de l’augmentation des hérons. La déforestation a pour conséquence la disparition des forestiers et l’augmentation des hérons.

Quelle différence si c’était le taxon asiatique qui avait colonisé l’Europe au lieu du taxon africain ? Pour les écosystèmes européens, aucune. Quelle différence si ce héron s’est posé sur un bateau ou a été amené de force d’Afrique vers l’Europe au lieu d’être venu spontanément ?  Pour les écosystèmes européens, aucune. D’ailleurs, son arrivée il y a deux siècles en Amérique du Sud a pu être “naturelle” (sans aide directe de l’homme) mais rien ne prouve qu’il n’a pas pris le bateau… cette différence ne devrait pas nous préoccuper.

Cela rappelle le cas de la Perruche à collier. En effet, il y a également une population africaine et une asiatique et le deux sont en augmentation. Comme pour les hérons, c’est le taxon africain qui était en route pour l’Europe : des individus sont arrivés depuis la vallée du Nil jusqu’en Israël. Malheureusement considérés comme envahissants, ils ont été tués ! Ainsi, le champs est libre pour l’asiatique qui arrive en masse au Moyen-Orient. L’arrivée “naturelle”, en tout cas aussi spontanée que celle du Héron garde-bœufs,  en Europe est donc inéluctable. Les humains auraient certainement accueilli ce nouvel arrivant comme une découverte agréable. Sauf que quelques individus ont été relâchés ou se sont échappés de captivités. Ils ont formé des populations à travers diverses régions européennes, faisant ainsi gagner quelques dizaines d’années à l’espèce. Pour cette seule différence insignifiante qui touche plus a une idéologie mal placée qu’à la science, la Perruche a collier est considérée comme une “invasive exogène” problématiques et le Héron garde-bœufs ne l’est pas.

Taxonomie

Le genre Bubulcus est très proche d’Ardea. Il est souvent considéré monotypique mais nous le séparons ici en deux espèces distinctes. Une sous-espèce à été proposée sur base d’un seul individu décrit en 1934 aux Seychelles mais la validité semble très douteuse.

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Mise à jour du 17 avril 2019

Ajoutons une photo qui illustre l’oiseau en vol. C’est un héron petit et compact, avec un bec et des pattes plus courts que les autres Ardeidae blancs sauf comparé aux crabiers (Ardeola ssp) qui peuvent paraître également très blancs dans certains plumages. Photo prise à Kasese (Ouganda) en mars 2015.

Bubulcus_ibis_8ug.JPG

[Espèce Nº107 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2018 – 2019

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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4 thoughts on “Héron garde-boeufs – Bubulcus ibis

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