Hirondelle de rivage – Riparia riparia

Espèce simple – publiée le 21 avril 2021
Publication complète – Famille des Hirundinidae (hirondelles)
En anglais : Sand Martin in English

Cette petite hirondelle discrète est très répandue avec une répartition estivale holarctique et une répartition hivernale pantropicale. En effet, elle niche dans le Néarctique (de l’Alaska à l’extrême nord du Mexique) et dans le Paléarctique (des îles Britanniques et du Portugal au Kamchatka, dans l’extrême-orient russe) ; elle hiverne en Amérique du Sud (et très localement au Mexique), en Afrique noire et, plus localement, en Asie du sud-est.

Cliquez ici pour voir une carte de répartition plus détaillée

Elle chasse les insectes volants comme les autres hirondelles. Rarement, elle peut en capturer quelques-uns au sol ou dans le feuillage. La particularité de cette espèce et du genre Riparia en général est la nidification. Le mâle commence à creuser une galerie dans de la terre meuble, souvent une berge de rivière, puis cherche une compagne. Le couple termine de creuser et aménage le fond de la galerie avec divers matériaux végétaux, notamment de la paille, des feuilles, des radicelles, des brindilles, etc. Plus tard et durant toute la nidification, des plumes sont ajoutées à la structure.

Quand le nid est prêt pour accueillir les 3 à 6 œufs, le déroulement de la nidification rappelle celui de l’Hirondelle à ailes hérissées : la femelle couve deux semaines (le mâle aide un petit peu) et le couple nourrit les jeunes durant trois semaines, au nid.

Taxonomie et sous-espèces

La position des Riparia est très intéressante. Contrairement à ce que certains experts imaginaient auparavant, ce sont des hirondelles du clade cavicole, qui s’est développé surtout en Amérique du Sud. L’Hirondelle de rivage est donc plus proche de l’Hirondelle à ailes hérissées que de l’Hirondelle rustique. et John Boyd la classe dans la tribu des Prognini (qui inclut donc le genre Progne, comprenant par exemple l’Hirondelle chalybée). Le genre a toutefois effectué une radiation depuis l’Afrique qui accueille aussi le genre Phedina (incluant l’Hirondelle des Mascareignes), basal de la tribu.

Pour le lecteur qui n’est pas familier avec ce vocabulaire, ça veut dire que les hirondelles, dont l’origine est en Afrique comme expliqué à la page de l’Hirondelle des mangroves, se sont divisées en quelques espèces sur le continent noir il y a déjà bien longtemps, et une de ces espèces a colonisé alors l’Amérique du Sud. Les descendantes de cette colonisatrice sont toutes américaines et cavicoles ; les descendantes de l’ancêtre resté en Afrique ont appris à creuser leur nid dans la terre meuble, une stratégie qui a fonctionné puisque, depuis l’Afrique, ces hirondelles (devenues les Riparia) ont colonisé, l’Eurasie et l’Amérique du Nord.

La plus répandue de toutes ces hirondelles qui creusent est l’Hirondelle de rivage, même si celle-ci a récemment été divisée en deux avec la séparation de l’Hirondelle pâle (Riparia diluta), d’Asie, qui devient, dès lors, son espèce-sœur. Elles forment probablement une super-espèce avec l’Hirondelle du Congo.

La limite des sous-espèces reste mal connue et discutée ; les différences sont minimes et souvent imperceptibles sur le terrain. Il s’agit du brun du plumage qui peut être un peu plus gris ou plus foncé et de la taille du corps et du bec. Une mystérieuse sous-espèce décrite sur base d’oiseaux en passage en Israël (R. r. eilata) a la gorge subtilement tachetée ; son aire de nidification n’a pas encore été trouvée mais le Kazakhstan est une possibilité.

Hirondelle de rivage, Kasese, Ouganda, novembre 2015
Le plumage est facile à décrire : dessous blanc avec une bande pectorale brune et parties supérieures gris brun. Notez la queue courte sans filet, expliquant le nom de “martin” en anglais, les “swallows” ayant une longue queue ou de longs filets. Les Américains ont toutefois une autre manière de nommer leurs hirondelles. Ainsi, aux États-Unis, son nom est “Bank Swallow” (littéralement, hirondelle des berges).
Hirondelle de rivage, lac Bisina, Ouganda, avril 2014
À côté d’une Hirondelle rustique (un mâle, à droite), on visualise mieux sa petite taille et sa discrétion.
Hirondelle de rivage, Van, Turquie, août 2020
En vol, elle est difficile à suivre dans les jumelles ou à photographier : son vol est rapide et les changements de direction imprévisibles et nombreux (lui valant parfois le surnom ironique “d’hirondelle de virages”). Lorsqu’elle est vue convenablement, son “collier” (plus scientifiquement, sa bande pectorale) brune est un critère qui l’identifie assez facilement dans presque toute son aire de répartition.
Hirondelle de rivage, Torgny, Belgique, mai 2009
Une colonie de cette hirondelle peut être très discrète. Il ne s’agit parfois que de quelques galeries à peine visibles dans une berge meuble d’une petite rivière. Avec sa couleur terre, l’oiseau est mimétique et passe facilement inaperçu.

[Espèce Nº1207 du projet d’encyclopédie holistique]

spprevious
spsuivante
sommaire

Photos et textes © Valéry Schollaert 2021

Liste des autres espèces illustrées : taxonomique – jour par jour

Untitled 2

One thought on “Hirondelle de rivage – Riparia riparia

  1. lorsqu’il y a pénurie de logement pour ces hirondelles, dans certaines parties du monde, notamment dans mon petit pays, elles sont aidées en installant des buttes artificielles

    Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s