Hirondelle des mangroves – Tachycineta albilinea

Espèce de référence – publiée le 11 décembre 2020
Publication complèteFamille des Hirundinidae (hirondelles)
En anglais : Mangrove Swallow in English

Cette petite hirondelle est commune sur les côtes et autour des milieux humides de plaine depuis le nord du Mexique jusqu’au Panama. Si elle est même abondante sur certaines côtes, elle est moins commune à l’intérieur et diminue avec l’utilisation de pesticides et l’assèchement des marais ; pour l’instant cette diminution reste légère et l’espèce n’est pas du tout considérée comme menacée.

Malgré une ressemblance superficielle indéniable avec l’Hirondelle de fenêtre de l’Ancien Monde, qui partage un régime alimentaire et une technique de chasse identique, elle n’est pas du tout apparentée à cette dernière. En effet, l’Hirondelle des mangroves et les autres Tachycineta sont des espèces cavicoles, incapables de construire un nid en boue comme les Delichon.

Les cavités idéales sont dans des troncs ou branches d’arbres ayant les pieds dans l’eau, mais ces oiseaux s’adaptent selon les conditions locales, y compris à des infrastructures artificielles comme des nichoirs. Le couple place grossièrement de l’herbe, des tiges et des mousses au fond de la cavité, puis tapisse avec des plumes. Environ quatre œufs sont couvés par les deux parents durant deux bonnes semaines et les jeunes, également nourris par les deux parents, s’envolent à trois semaines et demie.

Méthode Formation Ornitho : origine des hirondelles cavicoles

Les hirondelles sont des oiseaux qui consomment des insectes aériens, une source de nourriture abondante, comme le font les martinets. Ces derniers sont apparus en Amérique du Sud, bien avant que les hirondelles n’existent. Le nid a, depuis toujours, été le facteur limitant principal pour les Apodidae et une esquisse de l’histoire de cette famille en relation à cette problématique est offerte à la page de la Salangane des Philippines. La notion de “cavité comme facteur limitant des populations” est expliquée dans une vidéo sur les nichoirs, ici.

Tout comme les martinets, les hirondelles étaient cavicoles, à l’origine. Les toutes premières espèces étaient africaines et vivaient dans la forêt, où les trous naturels ne manquent pas pour y nicher. Toutefois, pour pouvoir quitter cette zone relativement restreinte, sachant que les meilleures cavités non forestières étaient occupées par les martinets qui avaient déjà colonisé l’Afrique depuis le Néotropical, il a fallu apprendre à construire un nid et ne plus dépendre des cavités. Deux stratégies principales se sont développées : creuser une galerie dans la terre meuble ou construire un nid en boue. Cette seconde manière de procéder, développée uniquement en Afrique, a permis aux hirondelles de coloniser toute l’Eurasie et l’Amérique du Nord avec une grande variété d’espèces classées dans divers genres, comme Hirundo (voyez l’Hirondelle rustique), Cecropis (avec par exemple l’Hirondelle striolée et l’Hirondelle à ventre roux), Ptyonoprogne (exemple avec l’Hirondelle de rochers), Delichon, Petrochelidon, etc.

Les hirondelles cavicoles “primitives” ont aussi réussi à coloniser d’autres continents, surtout l’Amérique du Sud mais aussi l’Asie et l’Australie (exemple notable avec l’Hirondelle à dos blanc).

En Amérique du Sud, continent tropical qui accueille le plus de forêts, les hirondelles ont envahi facilement toutes les régions, se sont diversifiées et ont colonisé l’Amérique centrale et l’Amérique du Nord. Aucune d’entre elles n’a, toutefois, réussi à développer une architecture de nid complexe comme les hirondelles africaines, et toutes sont cavicoles (certaines creusent leur nid, d’autres dépendent totalement des cavités).

L’Hirondelle des mangroves fait partie de ces dernières. Les hirondelles cavicoles d’origine sud-américaine sont classées dans une tribu distincte des autres (Prognini). Le genre Tachycineta est ancien et s’est divisé en de nombreuses espèces dont plusieurs sont communes en Amérique du Nord, notamment l’Hirondelle bicolore.

Taxonomie

Cette espèces est monotypique et sœur avec l’Hirondelle de Stolzmann (d’Équateur et du Pérou) avec laquelle elle forme une super-espèce (les deux ont, auparavant, été considérées conspécifiques).

Hirondelle des mangroves, Tuxtepec (Oaxaca), Mexique, novembre 2020
En vol, elle paraît quasiment identique aux Delichon d’Eurasie, comme l’Hirondelle de fenêtre, mais avec des sus-caudales gris clair (pas vraiment blanches) et, surtout, des liserés assez visibles bordant les rémiges tertiaires et secondaires internes.
Hirondelle des mangroves, San Juan Bautista Tuxtepec (état d’Oaxaca), Mexique, novembre 2020
Le manteau et la calotte montrent de jolis reflets turquoises et le sourcil, bien que fin et uniquement devant l’œil, est bien visible. Elle est bien plus souvent posée sur des perchoirs artificiels que naturels et se laisse approcher à moins de dix mètres.
Hirondelle des mangroves, San Juan Bautista Tuxtepec (état d’Oaxaca), Mexique, novembre 2020
Si, de loin, le dessus peut paraître noir, surtout en contre-jour, les reflets apparaissent lorsque la lumière le permet et ceux-ci varient selon l’angle de l’éclairage : ce sont des couleurs “optiques” comme, par exemple, chez la Colombine turvert (voyez un exemple spectaculaire sur sa page.

 [Espèce Nº1076 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2020 – 2021

Liste des autres espèces illustrées : taxonomique – jour par jour

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