Hirondelle rustique – Hirundo rustica

Espèce de référence – publiée le 26 janvier 2019
Publication complète –  Famille des Hirundinidae (hirondelles)
En anglais: Barn Swallow in English

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Voici un oiseau candidat comme “oiseau le plus connu du monde” et un des plus répandus. Il y a tellement à dire que nous pourrions imaginer faire un catégorie “super-référence” car c’est un cas d’école sur plusieurs points. Étudier cet oiseau extraordinaire  permet de comprendre beaucoup d’aspects de la vie des oiseaux… et bien plus encore !

Les hirondelles sont à l’origine de nombreuses croyances, légendes, expressions et études scientifiques. Le fait qu’elles construisent des nids dans les bâtiments et se rapprochent volontiers des humains, qu’elles soient souvent abondantes, qu’elles effectuent de longues migrations, qu’elles forment parfois de très grands groupes sont autant d’éléments qui expliquent l’intérêt des humains pour les hirondelles, mais il y a plein d’autres surprises pour celui qui creuse un peu plus loin !

Méthode Formation Ornitho : comprendre l’origine des oiseaux !

Les hirondelles sont presque partout dans le monde, mais ça n’a pas toujours été ainsi. Divers études ont montré que les premières hirondelles proviennent d’Afrique centrale. Ce sont des petits passereaux qui ont évolué vers un comportement de chasse aérienne, partageant un ancêtre commun avec des familles comme les rousserolles, cisticoles, bulbuls et autres.

Ces oiseaux étaient cavicoles, utilisant des cavités dans des arbres, par exemple creusées par des pics et barbicans. Ils vivaient donc dans la forêt. Cette stratégie est efficace, et les hirondelles sont devenues abondantes dans la forêt africaine, au point qu’elles aient pu coloniser d’autres régions forestières, notamment l’Amazonie. Toutefois, pour parvenir à quitter la forêt et coloniser le monde entier, la dépendance aux cavités naturelles était un frein trop fort. Trouver des insectes volants est facile, c’est une ressource quasiment illimitée. Ainsi, apprendre à construire un nid a été l’événement qui a bouleversé l’histoire des hirondelles. Il y a eu deux stratégies différentes qui se sont développées. L’une consiste à creuser une galerie dans de la terre suffisamment meuble, pour nicher à la manière des guêpiers et martins-pêcheurs. L’autre consiste à construire un nid en boue, ce que fait notre Hirondelle rustique. Cette découverte a permis aux hirondelles de coloniser le monde, mais c’est relativement récent.

Ce qui est passionnant, c’est que si cette évolution a clairement augmenté les possibilités d’expansion des hirondelles, la “vieille” stratégie de nicher en cavité n’a pas échoué pour autant. Les premières colonisatrices vers l’Amazonie ont pu profiter d’une immense zone forestière pour prospérer et la diversité d’hirondelles cavicoles y est élevée encore actuellement. Certaines, comme l’Hirondelle noire, bien connue pour occuper les nichoirs artificiels, ont colonisé l’Amérique du Nord. Les hirondelles les plus primitives en Afrique ont toutefois toutes développé la capacité à creuser leur galerie.

Les deux méthodes “modernes” (creuser une galerie et construire un nid en boue) ont réussi partout dans le monde, mais la plus récente des deux (construire le nid) n’a pas encore atteint toutes les régions. La seule espèce concernée qui a atteint le continent américain est notre Hirondelle rustique, qui ne se reproduit que dans la moitié nord. En Amérique du Sud, il y a des cavicoles ainsi que des espèces qui creusent leur galerie.

C’est une arrivée très récente à l’échelle de l’histoire de ces oiseaux, et cela explique que la population nord-américaine soit encore considérée comme une sous-espèce au côté des populations eurasiatiques. Celles-ci, par contre, sont déjà séparées de leurs “cousines” restées en Afrique comme, par exemple, l’Hirondelle d’Angola.

Certaines colonisations sont plus anciennes, et plusieurs espèces “modernes” rappelant l’Hirondelle rustique ont déjà eu le temps d’évoluer en espèces distinctes, notamment en Asie du Sud et en Océanie.

Il faut noter que, avant même l’apparition des hirondelles, un ancêtre lointain des colibris, martinets et engoulevents a suivi un schéma semblable en Amérique du Sud. Cavicole à l’origine et encore actuellement pour certains, les martinets ont développé une construction de nid différente, souvent à base de salive. Nous en reparlerons notamment sur le page de la Salangane à nid blanc, espèce construisant les nids qui sont parfois consommés en soupe dans les pays asiatiques sous le nom de… “nids d’hirondelles” !

Les deux familles, hirondelles et martinets, ont des traits semblables par évolution convergente, et ont réussi à coloniser le monde entier avec des stratégies de nidification différentes. Elles sont représentées par un peu moins de 100 espèces chacune.

Méthode Formation Ornitho : mode de vie type des hirondelles “modernes”

Les Hirondelles rustiques comme bon nombre d’autres espèces “modernes” dont toutes les Hirundo, construisent un nid en boue : une coupe (environ 20 cm de diamètre horizontal et 10 cm de haut) souvent installée dans un angle ou un coin d’un bâtiment, plutôt à l’intérieur quand c’est possible. Presque toute la population se reproduit dans ou sur des infrastructures artificielles. Un nouveau nid peut se construire par un couple en une semaine ou un peu plus, mais des vieux nids peuvent être réhabilités, ce qui diminue évidemment la quantité de travail. Il y a beaucoup plus de mâles que de femelles, et un mâle peut souvent aider un couple dans sa nidification.

La femelle couve le plus souvent seule (environ 2 semaines) mais, en Amérique du Nord, elle se fait parfois aider aider par le mâle (environ 10% du temps). Une moyenne de 5 œufs est constatée pour la première nichée de la saison, souvent un peu moins pour la seconde. Les deux parents apportent la becquée, une trentaine de fois par heure, et ce durant les quelques trois semaines de vie des jeunes au nid. Une fois envolés, ils dépendent encore des parents une semaine pour la nourriture.

Les hirondelles capturent les insectes en vol et ne se reposent pas après la capture comme le font les gobemouches. Elles peuvent se nourrir en vol des heures durant, parfois tout en se déplaçant, notamment durant la migration. Elles sont dépendantes des insectes volants, et c’est ainsi que leur migration post-nuptiale suit les courbes de températures correspondantes à l’éclosion des larves.

Les Hirondelles rustiques sont adaptées à beaucoup de milieux différents tant qu’il y a des structures pour nicher et des insectes, mais elles évitent la forêt et sont particulièrement attirées par les milieux humides lors de l’hivernage et de la migration.

Taxonomie et sous-espèces

Beaucoup d’Hirundo sont extrêmement proches de l’Hirondelle rustique, tout particulièrement l’Hirondelle d’Angola et l’Hirondelle de Guinée, toutes deux anciennement regroupées avec la rustique dans une espèce unique. L’Hirondelle d’Éthiopie est considérée comme sœur avec celle de Guinée, donc on l’imagine très proche de la rustique également.

Une dizaine de sous-espèces sont décrites, et varient surtout en couleur de ventre et de la poitrine, et l’épaisseur du collier sombre qui souligne la gorge rouge. Le taxon américain, avec le collier interrompu, est parfois proposé comme espèce distincte.

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[Espèce Nº391 du projet d’encyclopédie holistique]

Photos et textes © Valéry Schollaert 2019

Liste des autres espèces illustrées: taxonomique – jour par jour

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