Le véganisme et la santé

veganismefr.jpgIl y a souvent une grande confusion dans l’esprit de la majorité entre des régimes alimentaires, par exemple végétarien, végétalien, sans gluten, sans sel, etc. et le véganisme.

Il est absolument indispensable que tout le monde comprenne:

Le véganisme n’est pas un régime alimentaire. C’est une position éthique envers les animaux qui implique le refus des produits qui nécessitent l’utilisation d’animaux pour la production, dans les ingrédients ou des tests de laboratoire, par exemple. Cela implique forcément un régime alimentaire végétalien, mais les végans refusent aussi l’équitation, boycottent les zoos, ne portent pas de cuir, de laine ni de fourrure, etc.

Bien que le régime végétalien, suivi par tous les végans, soit bien meilleur pour la santé qu’un régime carné, on est pas “végan pour la santé”, ça ne veut rien dire. On peut être végétalien pour la santé, mais le véganisme est, répétons le, une attitude envers les animaux.

esclavesIl n’y a pas eu d’évolution majeure récente de l’éthique de l’être humain telle que le passage entre un monde de discrimination et un monde de respect tel que les végans tentent de le construire actuellement. Un des rares sauts un avant dans l’histoire fut l’abolition officielle de l’esclavage, notamment des humains noirs/afro-américains aux États-Unis d’Amérique. Dans le but de faire des analogies faciles à visualiser, ce fait historique est souvent repris en exemple. Ne nous privons pas!

Un des enjeux de l’esclavage était la production sucrière. Ce sont des esclaves qui travaillaient dans les champs de cannes à sucre, et les entreprises et producteurs estimaient que supprimer l’esclavage allait mettre fin à leur rentabilité.

Les abolitionnistes souhaitaient la fin de l’esclavage pour des raisons éthiques, et pas économiques. Ainsi, pour boycotter l’esclavage et les entreprises qui utilisaient des esclaves, les abolitionnistes devaient certainement ne pas acheter de sucre, et refuser les recettes contenant du sucre.  C’est ainsi que limiter le véganisme au régime végétalien est aussi méprisant que de limiter le travail des abolitionnistes pour la libération des noirs à un régime sans sucre.

Cela explique pourquoi des non-végans se plaignent des certaines réactions “agressives” des végans; évidemment, si ces derniers demandent un plat sans souffrance animale et qu’on leur répond que seuls des plat “sans gluten” sont à la carte, c’est un peu frustrant… disons même insultant (bien que souvent involontaire). Oui, c’est vexant pour un végan d’être traité de végétarien.

Ne nous égarons pas. Le véganisme n’est pas un choix sanitaire personnel, c’est un choix qui se veut être l’avenir de l’humanité, humanité qui deviendrait respectueuse de tous les êtres “sentients” (qui possèdent un système nerveux, capable de ressentir la douleur).

Ceci étant dit, je vous propose 5 raisons pour lesquelles les végans devraient, à mon avis, prendre grand soin de leur santé. J’insiste encore! Ces explication ne changent rien à l’essence du véganisme: le véganisme, c’est le respect des animaux.

Raison 1: être un exemple

beautifulvegan.jpgUne personne est végane car elle souhaite que les animaux ne souffrent plus; ce n’est pas uniquement qu’elle ne veuille plus faire souffrir les animaux. Elle voudrait que plus personne ne fasse souffrir les animaux. Dans ce but, il vaut mieux être attractif. Une personne en forme physique, à la belle silhouette, en bonne santé, pleine d’énergie attire le regard et donne envie aux autres de suivre son exemple. Une personne en surpoids ou, au contraire, maigre, alitée, faible, vite essoufflée ne donnera pas envie à son entourage de suivre son exemple.

D’expérience personnelle, c’est le point le plus efficace dans mon action éducative. Souvent, alors que je guide pour les oiseaux, lorsqu’on atteint le sommet d’une colline, les mangeurs de viande de 25 – 30 ans sont essoufflés alors que moi, avec mes 40+, je profite du lieu, ris, prend des photos. Alors qu’ils sont assis, tentant de reprendre leur souffle,  ils me demandent: “comment tu fais?”. Ma réponse est simple: “je suis végan”, “je n’encrasse pas mon corps avec du cadavre”. Là, ils sont marqués et j’observe beaucoup de conversions dans les mois qui viennent. Si le premier pas est pour la santé (végétalisme), il semble que le fait de retirer les cadavres de leur assiette ouvre leur cœur, et les personnes concernées deviennent véganes quelques mois plus tard.

antispecisme.jpgRaison 2: cohérence et anti-spécisme

Les végans demandent du respect pour tous les êtres “sentients”, donc tous les animaux. On peut être végan sans être “anti-spéciste”, mais l’idée de non discrimination reste importante. Or, l’humain est un être sentient, un animal. Le végan se doit de respecter tous les animaux, donc cela comprend les humains et soi-même. Un végan imposerait-il une cigarette à son chien? De la nourriture toxique, genre déchets industriels? Certainement pas. Il ne doit pas l’imposer à son propre corps non plus.  Il en va de sa cohérence, et donc de sa crédibilité.

Raison 3: un végan malade respecte-t-il les animaux?

baby_monkey_injection.jpgDans la définition de véganisme, on dit souvent qu’il faut éviter d’exploiter les animaux “autant que faire se peut”. Évidemment, lorsqu’il en va de notre propre survie, il y a des compromis plus difficiles. La plupart des médicaments actuels sont testés sur les animaux et contiennent beaucoup de produits animaux. Certaines hormones sont produites de façon terriblement douloureuses pour des individus comme des juments, violées pour être mises enceintes, à qui on ne donne que trop peu d’eau à boire dans le but de produire une urine plus concentrée, donc avec plus d’hormones (le nouveau-né sera, quant à lui, souvent abattu à la naissance). Le végan prendra-t-il un tel produit?

S’il est en bonne santé, jamais. Mais si le docteur lui dit qu’il en va de sa survie?

La logique veut que le végan ne se mettent pas dans une telle situation. En étant végétalien ET en prenant soin de sa santé, pour lui et pour la nature comme expliqué dans cet article, il prévient des situations où il serait amener à exploiter des animaux, faute d’alternative.

Raison 4: respecter la vie qui est une unité – vision holistique

Nous expliquons sur ce site que nous ne pouvons solutionner les problèmes majeurs auxquels l’humanité fait fasse qu’avec une compréhension holistique de la situation. En résumé, tant qu’on divise, dans notre point de vue, “les blancs et les noirs”, “les humains et les animaux”, “son pays et les autres”, “les hommes et les femmes”, “moi et les autres” on fragmentera la réalité et créerons des divisions, donc des conflits. Croire que l’on peut respecter “les animaux” mais pas les humains ou les plantes et totalement dénué de sens. Plantes, animaux, champignons, humains, nous sommes tous la vie, l’unique vie, nous faisons partie d’un tout. Il est impossible de respecter une partie et détruire une autre partie. La vie forme un tout cohérent et indissociable. La biosphère forme un tout. À l’image d’une personne dans notre vision fragmentée! Si vous faites attention à votre cœur mais empoisonnez votre foie, lorsque le foie sera détruit, vous mourrez même si le cœur est en plein forme. Soit on respecte tout l’être, soit on ne le respecte pas; il n’y a pas de respect partiel.

On ne peut respecter les animaux que si on respecte tous les animaux. Respecter les chats mais pas les rats, respecter les chiens mais pas les crapauds, respecter les animaux non-humains mais pas les humains n’a aucun sens. On le comprend plus facilement si on parle des seuls humains: peut-on respecter les humains en étant très empathique envers certains mais violent envers d’autres, sous prétexte qu’ils sont d’une autre race, d’une autre taille, d’une autre couleur? Bien sur que non!

Raison 5: une vie irrespectueuse de son corps affecte les animaux

Il est expliqué ci-dessus que la vie forme un tout et donc on ne peut pas la diviser lorsqu’on parle de respect. De façon bien plus intellectuelle, on constate que les bons choix de santé on souvent une implication positive sur les animaux et vice-versa.

pesticidebretagne.jpgUne nourriture “bio” (au sens propre, donc sans pesticide ni fertilisant chimique) est plus saine pour le corps, pour l’environnement, mais évite aussi de tuer les animaux. Les pesticides tuent les animaux; en particulier, les insecticides sont fait dans ce but. Ce sont des armes de destruction massive contre les insectes, habitants animaux majoritaires de la planète. L’agriculture “bio” classique peut éventuellement utiliser des animaux (elle n’est pas toujours végane), mais si c’est le cas, le nombre de victimes reste de milliers de fois inférieur par hectare comparés à toute agriculture avec intrants chimiques. Rechercher et encourager la permaculture végane, qui est toujours bio, est encore mieux.

Il y a plein d’exemples. Les marais sud-soudanais sont asséchés pour planter du tabac, et cela fait disparaître le Bec-en-sabot et bien d’autres animaux. Ne pas fumer est mieux pour sa santé et pour les animaux… ainsi que pour la planète, bien sur.

Même sans décrire de lien de cause à effet immédiat et intellectuel, prendre soin de sa santé, c’est prendre soin de la vie sur terre dont font partie les animaux que les végans veulent respecter à tout prix.

Vous pouvez commenter et poser vos questions ci-dessous ou nous rejoindre sur le groupe Econaturalistes.

Valéry Schollaert

Plusieurs articles sur ce blog vous permettent de comprendre la vision holistique de la conservation de la nature que nous tentons de communiquer à tous. Voici LA PAGE D’INTRODUCTION À LA VISION HOLISTIQUE où vous trouverez aussi les liens vers les autres articles. 

 

 

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