Les espèces endémiques

Ceyx_flumenicola1fr.jpgLe concept d’animal ou de plante endémique est passionnant, mais il est parfois mal compris et, comme tout concept intellectuel fixe qui tente décrire la nature (en constante évolution), il y a des cas qui n’entrent pas dans nos cases et doivent être classés selon des choix arbitraires.

Le sens d’endémisme pour une espèce animale ou végétale est qu’elle n’existe que dans une « unité géographique ». Toutefois, cette unité en soi est une vision quelque peu subjective.

Par exemple, si une espèce n’existe qu’aux Philippines (un seul pays mais plus de 7000 îles), on la dira endémique aux Philippines ; par contre si elle existe que sur une île des Sulu (sud des Philippines) et une île indonésienne ou malaisienne, elle ne sera pas endémique (ni d’un pays, ni d’une île, ni d’un archipel) alors qu’elle est bien plus localisée !

Si une espèce n’existe que sur l’île de Nouvelle-Guinée, on la dira endémique de cette île même si elle existe dans deux pays différents (Indonésie et Papouasie-Nouvelle-Guinée qui se la partagent). L’unité géographique peut être grande. Il n’est pas inexact de dire que le Courvite de Temminck est endémique à l’Afrique, même si sa répartition géographique se chiffre en millions de kilomètres carrés.

En général, ce que le concept veut mettre en évidence sont les populations limitées à une zone géographique réduite ou un seul pays, pour alerter sur la dépendance de la survie de ces populations à la politique d’un pays, ou la protection de son habitat dans une zone géographique unique.

Nisaetus_pinskeri1.jpgSelon Birdlife International, une espèce endémique ne « compte » pour les zones d’endémisme (EBA – prioritaires pour la conservation) que si son aire de répartition « naturelle » est inférieur à 50.000 km2. Cette limite arbitraire semble cependant injustifiée à nos yeux. Nous tenterons quand même de l’intégrer dans nos limites pour faciliter les liens entre les publications.

Nous avons souhaité allez plus loin en précision et, pour atteindre cet objectif, nous avons décidé de diviser l’endémisme en 5 niveaux qui mettent en évidence les plus localisées, donc généralement plus sensibles à d’éventuelles menaces, sans ignorer les autres. Voici le détail de nos catégories:

 

Endémique national répandu  (le niveau « 0 » en quelque sorte) : lorsqu’un pays immense comme l’Australie (qui est de loin le plus concerné par cette catégorie particulière) est le seul à accueillir une espèce mais que celle-ci est répandue dans une majeur partie du pays (millions de kilomètres carrés), nous souhaitons informer le visiteur du statut d’endémique national, mais préférons donner une catégorie habituelle (simple, référence, vedette) à cet oiseau. Struthidea_cinerea1Nous ajouterons entre parenthèses l’endémisme et le nom du pays (p. e. endémique d’Australie).

Cela concerne uniquement les pays suivants : Australie, Brésil, Chine, Inde et Indonésie.

Exemple: l’Apôtre gris (Australie)

Certains pays aussi grands ou même plus grands, notamment le Canada et la Russie, n’ont pas d’endémique sur leur territoire national; d’autres en ont, mais aucun n’est très répandu et donc tous les endémiques nationaux tombent dans les catégories suivantes (Argentine, États-Unis, Mexique, etc.).Agapornis_personatus1

Endémique Niv 1* “classique” : un endémique d’un seul pays (sauf les cas de la catégorie ci-dessus), d’une unité géographique (une île, un archipel, une montagne) ou d’une zone d’endémisme majeure (EBA – “Endemic Birds Area” de Birdlife International), mais avec une aire de répartition supérieure à 50.000 km2.

Exemple : l’Inséparable masqué (Tanzanie)

sylvia_balearica1Endémique Niv 2** “star” : Celui-ci a moins de 50.000 km2 de répartition mais ne répond pas aux critères spécifiques des deux dernières catégories ci-dessous. Il est endémique d’une île, d’un archipel, d’une montagne, d’un pays ou d’une “EBA”.

Exemple: la Fauvette des Baléares (archipel de Baléares, Espagne).

fringilla_teydea1Endémique Niv 3*** “super star” : c’est une espèce qui n’existe que dans un, deux ou trois pays (au sens politique) mais aussi qu’une seule île « moyenne » (801 – 5000 km2), une seule vallée, une seule montagne, une seule forêt ou une “EBA” ; toutes les espèces « endangered » (en danger d’extinction) selon Birdlife International et endémiques d’un seul pays sont au minimum de cette catégorie.

Exemple : le Pinson bleu (île de Tenerife, Canaries, Espagne).

Pyrrhula_murina1.JPGEndémique Niv 4**** “méga star” : elle n’existe que dans un pays (au sens politique) et aussi que d’une seule « petite » île (< 800 km2), une seule vallée, une seule montagne, ou une seule forêt (de max 800 km2). Toutes les espèces « critically endangered » (en danger critique d’extinction) endémiques d’un seul pays sont automatiquement de cette catégorie.

Exemple : Le Bouvreuil des Açores (Pico da Vara, Sao Miguel, Azores, Portugal)

 

Voici la liste des oiseaux endémiques illustrés sur notre site:

Apôtre gris: Australie – endémique national répandu
Inséparable masqué: Tanzanie – Niv 1*
Barbu à couronne rouge – Sri Lanka – Niv 1*
Coq de Lafayette: Sri Lanka – Niv 1*
Pipit de Berthelot: EBA Canaries / Madère – Niv 1*
Martin-chasseur à poitrine brune – Niv 1*
Fauvette des Baléares:  archipel de Baléares, Espagne – Niv 2**
Pinson bleu: île de Tenerife, archipel des Canaries, Espagne – Niv 3***
Bouvreuil des Açores: Pico da Vara, Sao Miguel, Azores, Portugal – Niv 4****

 

Batrachostomus_septimus1fr

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