Martin-pêcheur pie – Ceryle rudis

Espèce commune – Page de référence (partielle) – Disponible pour sponsoring
Fam. Alcedinidae (martins-pêcheurs, martins-chasseurs) – Pied Kingfisher in English
Première publication : 21 juin 2018 – Dernière mise à jour : 08 avril 2022

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Cette espèce est répandue et souvent abondante, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, et très visible. Elle est donc bien connue, même parfois auprès du grand public. C’est dès lors une espèce de référence pour nous, surtout pour son comportement absolument typique des martins-pêcheurs. En particulier, la technique de pêche, la nourriture et la nidification sont stéréotypées.

Cliquez ici pour voir une carte de répartition plus détaillée

Méthode Formation Ornitho : mode de vie des Alcedinidae

Martin-pêcheur pie (C. r. rudis), Kasese, Ouganda, mars 2015
Cette espèce est spécialiste du vol stationnaire. Toutefois, lorsqu’une branche, un caillou ou un autre objet, y compris artificiel, permet d’économiser l’énergie d’un vol “saint-esprit”, il ne s’en prive pas !

Si cette famille est variée et complexe, la technique de chasse ou de pêche est caractéristique. L’idée est d’attendre patiemment qu’une proie soit en vue et fondre sur elle, une stratégie également bien connue chez les rapaces. Alors que certains martins-chasseurs (sous-famille Halcyoninae) l’utilisent surtout pour capturer des proies terrestres, le Martin-pêcheur pie plonge exclusivement vers l’eau. Les poissons sont les premières victimes et, parfois, d’autres animaux aquatiques, notamment invertébrés.

La nidification est aussi représentative de la famille. Une galerie est creusée dans la berge, jusqu’à 2,5 mètres de long, et une moyenne de 4 à 5 œufs (jusqu’à 7) y sont pondus. Les galeries peuvent être isolées ou installées en petites colonies de quelques couples, jusqu’à des dizaines (exceptionnellement). La nidification se fait en couple, souvent avec l’aide d’un ou deux individus issus d’une nidification antérieure. L’incubation dure 18 jours, les jeunes quittent le nid à environ 25 jours et pêchent par eux-même 14 jours après leur envol.

Martin-pêcheur pie (C. r. travancoreensis), Mundakayam, Kerala, Inde, avril 2018
Les populations indiennes divergent peu de celles d’Afrique et du Moyen-Orient. Ce sont principalement les taches foncées sur les flancs qui indiquent cette sous-espèce.

Cet oiseau, parfois anciennement appelé (sans aucune raison valable) “alcyon pie” en français, est très commun et s’adapte à divers habitats depuis la côte jusqu’à 2000, voire 2500 mètres d’altitude. Il est sédentaire mais des individus peuvent se disperser après la nidification, permettant ainsi à l’espèce de coloniser rapidement de nouveaux territoires disponibles.

Taxonomie et sous-espèces

Il y a 4 ou 5 sous-espèces décrites sur bases de petites variations mineures concernant des taches sur les flancs (en Asie) ou pas (Afrique, Moyen-Orient), un noir plus intense (Asie) et un bec, en moyenne, un peu plus long (en Chine).

Martin-pêcheur pie (C. r. rudis), Musoma, Tanzanie, septembre 2010
Cet Alcedinidae est un “vrai” martin-pêcheur, consommant presque exclusivement du poisson bien que, occasionnellement, il puisse consommer des crustacés, mollusques et insectes aquatiques.

Le Martin-pêcheur pie est génétiquement bien différencié des autres espèces, au point qu’il est désormais classé dans son genre monotypique. Il est basal des Chloroceryle, les 4 plus petits martins-pêcheurs américains (par exemple le Martin-pêcheur vert). Autrement dit, les martins-pêcheurs ont colonisé l’Amérique depuis l’Afrique, et c’est l’ancêtre du Martin-pêcheur pie qui a traversé l’Atlantique pour créer ces populations, qui ont eu le temps de se diviser en 4 taxons distincts depuis lors.

Martin-pêcheur pie (C. r. rudis), PN du lac Mburo, Ouganda, février 2015
Les interactions au sein des couples (le mâle à droite sur l’image, voyez la ligne qui souligne la bande pectorale) sont bruyantes, nerveuses et souvent spectaculaires. Ce sont des oiseaux peu farouches, et ils permettent ainsi aux observateurs de profiter de ces scènes attractives!
Martin-pêcheur pie (C. r. rudis), Kasese, Ouganda, décembre 2013
On voit le pattern subtilement dessiné en noir et blanc des parties supérieures. Les plumes plus brunes sont simplement usées, elles doivent être remplacées bientôt. La lumière forte rend les plumes noires ou foncées plus brunâtres ou plus pâles avec le temps.
Martin-pêcheur pie (C. r. rudis), Kasese, Ouganda, décembre 2013
C’est le même individu que tout en haut, à gauche. Hormis les colibris (famille des Trochilidae), cet oiseau est le plus grand spécialiste du vol stationnaire. Il peut voler sur place longtemps, même sans vent !
Martin-pêcheur pie (C. r. rudis), Bogoria, Kenya, juin 2010
Le juvénile est fort proche de la femelle adulte, mais les contours de la bande pectorale interrompue sont moins nets et marqués de “chevrons” gris, et le sourcil et la gorge sont “sales”. Les parties sombres sont plus gris-foncé ou brun-gris que noires.
Martin-pêcheur pie (C. r. rudis), Musoma, Tanzanie, octobre 2010
Cet individu est en mue post-juvénile. On voit une partie des “chevrons” autour de la bande pectorale, mais pas tous et ils sont très usés (bruns). Les sourcils et la gorge sont bien plus “propres” que ceux de l’individu ci-dessus.
Martin-pêcheur pie (C. r. travancoreensis), Mundakayam, Inde, avril 2018
En Inde comme en Afrique, ce martin-pêcheur peut vivre dans les milieux anthropisés et même en ville, tant qu’il y a du poisson à pêcher. La petite taille du mâle (à gauche), n’est pas qu’un effet d’angle de la photo: c’est bien la femelle qui est la plus grande!
Martin-pêcheur pie (C. r. rudis), Kasese, Ouganda, juillet 2012
Il s’agit ici d’un mâle adulte au-dessus du nid qu’il creuse. Comme les autres martins-pêcheurs, cette espèce pond ses œufs dans des galeries creusées dans des berges assez meubles de rivières, canaux ou plans d’eau divers.
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Martin-pêcheur pie (C. r. rudis), chutes de Murchison, Ouganda, décembre 2015
Voici une femelle adulte avec un poisson, à proximité d’une Glaréole auréolée. On constate que le martin-pêcheur est relativement grand mais, surtout, que la glaréole est minuscule !

Pour en savoir plus :

Noms conseillés par l’Encyclopédie Holistique dans 6 langues choisies :

  • Espagnol : Martín pescador pío
  • Portugais : Guarda-rios-malhado
  • Allemand : Graufischer
  • Hindi : चितकबरा किंगफिशर
  • Arabe : صياد السمك أبقع
  • Swahili : Detepwani

[Espèce Nº172 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos, tableau et textes © Valéry Schollaert, Chantal Lac & Marinella Mejia 2018 – 2022

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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6 thoughts on “Martin-pêcheur pie – Ceryle rudis

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