Mésange charbonnière – Parus major

Espèce complexe à reclasser – publiée le 27 octobre 2018
Publication complètevoir la famille des Paridae (mésanges)
En anglais : Great Tit in English

Parus_major_mainCet oiseau est un des plus connus d’Europe. Il fréquente communément les jardins où il consomme la nourriture mise à la disposition des oiseaux et utilise volontiers les nichoirs. Sa biologie est bien connue et beaucoup de données précises ont été publiées mais les différences et relations entre la cinquantaine de sous-espèces sont encore mal comprises et une révision de la classification est attendue avec impatience. En attendant, nous la présentons comme espèce à reclasser, sachant que certains groupes de sous-espèces ont déjà  été séparés en espèces distinctes par divers auteurs.

C’est un oiseau des mieux étudiés, sur bases des sous-espèces européennes. Sa nourriture est principalement constituée d’invertébrés au printemps et en été ; en hiver c’est plus varié et elle se comporte en opportuniste. C’est un des oiseaux les plus abondants aux mangeoires : elle raffole notamment des graines de tournesol et des cacahuètes. Elle peut aussi s’attaquer à des escargots et même des vertébrés. Il y a des images surprenantes de Mésanges charbonnières tuant un petit granivore (comme le Sizerin flammé) pour consommer son cerveau ! Moins anecdotique, il y a parfois l’un ou l’autre groupe de Mésanges charbonnières qui chasse régulièrement des pipistrelles dans leur dortoir, ce qui illustre bien le comportement opportuniste de l’espèce.

Cet oiseau est le cavicole par excellence. Elle utilise des nichoirs, des nids de pics ou d’autres animaux, parfois même des galeries de rongeurs (surtout la “Mésange indienne”), des trous dans des murs, etc. La femelle aménage soigneusement la cavité pour offrir aux jeunes un nid confortable. Elle y pond jusqu’à une douzaine d’œufs (record exceptionnel de 18), et souvent un peu moins pour la seconde nichée annuelle. Elle couve alors que le mâle la nourrit. L’incubation dure deux semaines et les jeunes s’envolent après trois semaines mais continuent à être nourris jusqu’à deux mois, sauf si les parents prévoient une seconde nichée, alors ils chassent les jeunes du territoire avant qu’ils atteignent leur premier mois !

À l’origine, c’est un oiseau forestier mais il s’est adapté à quasiment tous les milieux artificiels à partir du moment où il y a de la nourriture (en particulier les larves d’insectes comme les chenilles) ; elle profite notamment des chenilles processionnaires qui augmentent. Voyez une petite analyse sur cette relation et son implication sur des sujets comme le réchauffement climatique et les espèces invasives dans une vidéo originale de Youtube.

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 Taxonomie et sous-espèces

Espèce très complexe, sœur avec la Mésange montagnarde (Parus monticolus). Selon HBW Alive, 43 sous-espèces composent la Mésange charbonnière. Elles varient surtout en couleur du manteau, du ventre et des flancs. Des variations de taille et d’épaisseur du bec sont également remarquée. Plusieurs groupes de sous-espèces ont été ou sont actuellement considérés comme des espèces distinctes.

Voici donc une proposition possible de division

  • Mésange indienne Parus (major) cinereus : une douzaine de sous-espèces répandues de l’Afghanistan à l’Indonésie.
  • Mésange de Chine Parus (major) minor : une dizaine de sous-espèces du Paléarctique oriental.
  • Mésange du Turkestan Parus (major) bokharensis : environ 5 sous-espèces en Asie centrale. 
  • Mésange charbonnière Parus major (stricto sensu) : une quinzaine de sous-espèces dans le Paléarctique occidental.

Cet oiseau a été pris parmi les exemples pour illustrer la notion d’espèce à la leçon 3 de la Formation Ornitho. Plusieurs illustrations intéressantes complètent les photos de cette page.

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Mise à jour du 8 septembre 2019

En Malaisie, parmi une myriade d’espèces exotiques, il est surprenant d’entendre les cris et les chants si familiers de la Mésange charbonnière. Un élément en faveur du traitement en sous-espèce de la Mésange indienne (ici la sous-espèce ambiguus) est sa voix apparemment identique.

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Cet individu de la sous-espèce nominale, pris au Teich (Gironde, France) en juin 2019 est terne car son plumage est usé ; en comparaison de la Mésange indienne, ça choque évidemment moins. C’est en été que les Mésanges charbonnières effectuent leur mue complète.

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[Espèce Nº300 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2018 – 2019

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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