Mésange maghrébine – Cyanistes ultramarinus

Espèce commune – Page référence (complète) – Disponible pour sponsoring
Famille des Paridae (mésanges)  – African Blue Tit in English
Première publication : 12 décembre 2021 – Dernière mise à jour :12 décembre 2021

Dans la classification suivie ici, très discutée, cette jolie espèce est répandue au Maghreb, localement commune sur l’île de Lanzarote et plus rare à Fuerteventura (Canaries, Espagne). Dans ces îles arides, les mésanges vivent là où il y a des arbres, y compris les essences introduites alors que son milieu naturel préféré est composé de tamaris et de palmiers. Elle est absente des vastes zones arides sans arbres qui couvrent une bonne partie de ces îles, expliquant les petites densités de population. Au Maghreb, elle se rencontre dans la plupart des milieux dotés d’arbres et peut même se contenter d’un trou dans une bâtiment ou un rocher pour nicher.

Son mode de vie est encore plus mal connu que celui des autres endémiques nord-africains car la classification mouvante provoque des imprécisions sur les informations disponibles. En effet, classée comme simple sous-espèce de la Mésange bleue durant plus d’un siècle, on a supposé que les données obtenues en Europe étaient extrapolables à l’Afrique du Nord. Ce n’est pas le cas. De plus, maintenant que tout le monde accepte qu’il ne s’agit pas de la Mésange bleue, les informations publiées concernent soit la Mésange maghrébine, soit la Mésange de La Palma, soit la Mésange de Ténériffe ; et comme cette dernière représente possiblement trois espèces différentes, il est très difficile de retrouver à quel taxon correspondent les données. Les différences sont parfois majeures : par exemple, le chant, le cri et l’habitat de la Mésange de La Palma sont radicalement différents de ceux des taxons des autres îles Canaries et d’Afrique du Nord. Comment savoir si des différences majeures n’existent pas sur d’autres aspects ?

On doit donc se contenter des approximations suivantes.

  • Nidification cavicole comme chez la Mésange bleue
  • Couvée de 3 à 6 œufs, donc moins que la Mésange bleue
  • Nourriture variée de petits invertébrés, de fruits et de graines. Les proportions restent inconnues et on ignore s’il y a des variations significatives saisonnières comme en Europe.

Taxonomie et sous-espèces

Les “mésanges bleues” (Parus caeruleus sensu lato) telles qu’elles étaient décrites il y a 40 ans, correspondent à plusieurs espèces mais la classification n’est pas définitivement arrêtée. Les experts proposent diverses solutions qui varient de 2 espèces (Mésange bleue et Mésange nord-africaine, Cyanistes teneriffae) à 8 espèces :

  • Mésange de La Palma Cyanistes palmensis
  • Mésange de Libye Cyanistes cyrenaicae
  • Mésange bleue Cyanistes caeuleus
  • Mésange de Ténériffe, Cyanistes teneriffae
  • Mésange de Grande Canarie Cyanistes hedwigae
  • Mésange de Hierro Cyanistes ombriosus
  • Mésange maghrébine Cyanistes ultramarinus
  • Mésange de Fuerteventura Cyanistes degener
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Le sujet est si passionnant que nous avons basé notre leçon de taxonomie des oiseaux sur ce cas d’école. Voyez la vidéo décrivant ces mésanges en cliquant sur l’image.

Notre choix parmi les multiples possibilités est de considérer la Mésange maghrébine comme taxon distinct de tous les autres, sauf degener que nous estimons non valide ; autrement dit, degener et ultramarinus sont synonymes. Ce n’est pas un détail : cela signifie que les oiseaux de Lanzarote et de Fuerteventura sont arrivés très récemment d’Afrique du Nord. Ceux de Ténériffe et des autres îles ont envahi les Canaries il y a bien plus longtemps (directement d’Europe ou avec une très courte “escale” en Afrique).

La Mésange de La Palma est très distante, c’est une population relictuelle d’une vague de colonisation très ancienne, une situation probablement identique à celle de la Mésange de Libye (apparemment issue de cette même première vague).

La position exacte de ces oiseaux n’est pas admise par tous les experts, expliquant donc les diverses propositions de classification. Il semble toutefois indiscutable que ultramarinus, (avec degener non reconnue ici), forme une clade avec teneriffae et les taxons apparentés (ombriosus et hedwigae).


Bonus offert par Mouh Fali, photographe naturaliste algérien

Bien qu’il n’y ait pas de différence significative entre les populations continentales et insulaires sur le plan de l’apparence, pour être complète, une page sur cette espèce maghrébine devait au moins illustrer un individu pris au Maghreb. Ça n’aurait pas pu être possible lors de la publication de la page, en décembre 2021, sans l’aide de Mouh Fali qui nous offre ici deux photos prises en Algérie. Les autres photos sont toutes prises aux Canaries (à Fuerteventura sauf la photo bandeau qui vient de Lanzarote). Découvrez les magnifiques images de Mouh, d’oiseaux et d’autres animaux, sur sa chaîne Youtube et sa page Facebook.

Mésange maghrébine, Tizi Ouzou (Kabylie), Algérie, avril 2020
C’est une belle espèce colorée munie d’une barre alaire (contrairement à la Mésange de Ténériffe) et avec la calotte bien plus foncée (noirâtre) que la Mésange bleue. Le bleu des parties supérieures est plus intense.
Mésange maghrébine, Tizi Ouzou (Kabylie), Algérie, avril 2020
Selon le photographe, cet individu est le mâle et formait un couple avec l’oiseau juste au-dessus qui est donc la femelle. La littérature ne donne aucune différence visible entre les deux sexes chez cette mésange mais Mouh constate que le mâle a une “cravate” plus large (l’oiseau ci-dessous serait alors une femelle). Une information intéressante demandant une confirmation formelle.
Mésange maghrébine, Tiscamanita, Fuerteventura (îles Canaries), Espagne, juin 2015
Sur le terrain, on ne voit aucune différence de plumage ou de forme entre cet oiseau îlien (“degener“) et les oiseaux continentaux illustrés par Mouh Fali, plus haut. Il faut toutefois tenir compte de la différence d’éclairage : cet oiseau est pris sur fond de ciel alors que les oiseaux algériens apparaissent devant un beau bokeh coloré. De plus, les plumages sont plus usés en juin, après la nidification, qu’en avril, en pleine reproduction.
Mésange maghrébine, Tiscamanita, Fuerteventura (îles Canaries), Espagne, juin 2015
C’est un oiseau peu farouche, en particulier un juvénile comme ici, mais ce dernier se tient souvent derrière un rideau de végétation. Cela ne suffit pas à se cacher : la végétation de Fuerteventura n’est pas très dense.
Mésange maghrébine, Tiscamanita, Fuerteventura (îles Canaries), Espagne, juin 2015
Voici une photo qui compare l’adulte (en haut) et le juvénile. On voit les couleurs délavées de ce dernier sur la tête : le même pattern que celui de l’adulte, mais sans le noir et le blanc tranchés.

[Espèce Nº1442 du projet d’encyclopédie holistique]

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sommaire

Photos, tableau et textes © Valéry Schollaert, Marinella Mejia et Mouh Fali 2021 – 2022

Liste des autres espèces illustrées : taxonomique – jour par jour

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4 thoughts on “Mésange maghrébine – Cyanistes ultramarinus

  1. Mésange des Îles Canaries , Mésange maghrébine,..elles sont drôlement fines et jolies ! Joli effet huppe sur les images -fiche , jolies couleurs du plumage : belle palette noir/blanc/bleu/jaune

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