Padda de Java – Lonchura oryzivora

Espèce vedette – publiée le 30 juillet 2018
Publication complète – famille des Estrildidae (astrilds, capucins…)
En anglais : Java Sparrow in English

Lonchura_oryzivora_mainCe passereau spectaculaire rassemble plusieurs cas d’école à lui tout seul. En termes de classement et nomenclature de ce capucin qui ne s’appelle pas capucin, voyez plus bas. En termes de notion d’espèce endémique : les populations introduites semblent parfois bien se porter mais les populations originelles sont dangereusement menacées de disparition – donc est-il toujours endémique ? Enfin, si les espèces introduites sont souvent considérées comme un problème, que dire si celles-ci ne pouvaient survivre que grâce à ces introductions involontaires ?

À l’origine, cet oiseau est endémique de Java et Bali. Il a été massacré car considéré comme nuisible pour les rizières,  tué pour manger, il a été capturé comme oiseau de cage et ses lieux de vie sont désormais pollués par diverses activités humaines, dont les pesticides. Résultat : il est sur le bord de l’extinction. Sur ces deux îles indonésiennes, les minuscules populations restantes sont plus ou moins protégées dans des parcs nationaux. Il reste très difficile à trouver et son “pronostic vital est engagé”.

Inversement, des oiseaux captifs se sont évadés ou ont été libérés, et ont ainsi créé des populations férales. Celles-ci sont désormais plus importantes que les populations originelles. Par exemple, il est assez commun sur l’île de Leyte (Philippines) et semble plutôt en augmentation, au côté du Capucin damier. Il semble toutefois qu’il soit en concurrence avec le Moineau friquet, ce qui limite son expansion. Il est également installé sur Zanzibar, au Venezuela, à Porto Rica, certaines îles Hawaï, etc.

Nous avons discuté dans cet article de l’impact des espèces introduites sur les écosystèmes. Un autre sujet qui concernerait le Padda de Java et d’autres comme l’Inséparable masqué, par exemple, serait donc de la manière dont les populations introduites pourraient sauver une espèce !

Contrairement à la majorité des autres Estrildidae, c’est un oiseau cavicole. Il installe son nid en tiges, en feuilles (notamment de palmiers), en morceau de plantes épiphytes, dans une cavité d’un arbre et, désormais, de bâtiments divers.  Les œufs (environ 5) sont couvés deux semaines et les jeunes nourris au nid durant un mois.

C’est un granivore strict qui ne consomme presque jamais d’invertébrés. Il est capable de consommer les fruits d’une des plantes les plus envahissantes des tropiques, Lantana camara. À l’instar du Capucin pie, son gros bec lui permet aussi de consommer les fruits des bambous.

Taxonomie

Il n’a pas été décrit comme capucin et, longtemps, a été classé dans un genre différent (Padda) au côté du Padda de Timor. Les noms vernaculaires n’ont pas changé. Il garde “Padda” en français et “sparrow” (moineau) en anglais. Il est monotypique et bien distinct des autres espèces, la plus proche étant le Padda de Timor, le seul autre ex-Padda.

En résumé, nous avons un capucin qui ne s’appelle pas capucin, un “endémique” de Java et Bali qui se rencontre plus facilement aux Philippines et en Tanzanie qu’à Java, et une espèce dont les populations introduites, potentiellement “nuisibles” pour les cultures, permettront sans doute à l’espèce d’être sauvée sur le moyen terme !

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[Espèce Nº211 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2018 – 2019

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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One thought on “Padda de Java – Lonchura oryzivora

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