Page comparative : les “faux” chevaliers !

Les limicoles sont des oiseaux réputés difficiles à identifier mais, en réalité, quand on est organisé avec la méthode Formation Ornitho, c’est généralement facile. Une formation en ligne est en cours de publication sur le sujet et vous êtes invités à la suivre (gratuitement) si elle vous intéresse.

Dans le cadre de nos journées à thème, nous proposons deux pages pour aborder les chevaliers en toute simplicité. Cette première, correspondant à la première journée (mardi 20 septembre 2022), permet de comparer le Chevalier grivelé et le Chevalier guignette qui sont très proches, mais aussi de distinguer ces oiseaux du genre Actitis appelés “chevaliers”, alors qu’ils n’en sont pas (d’où le titre de la page), des vrais chevaliers (genre Tringa). Dans la foulée, nous présentons aussi le Chevalier bargette qui est aussi un “faux chevalier”.

Si vous êtes totalement débutant, il peut être conseillé de savoir comment reconnaître un oiseau de la famille des chevaliers (Scolopacidae) dans notre leçon. Vous pouvez aussi comparer les chevaliers avec les courlis, les barges et les bécassines ici.

Chevalier bargette, Chevalier gambette (vrai chevalier), Combattant varié (un bécasseau original) et Chevalier guignette

Le Chevalier bargette (voir sa fiche) est unique en son genre : avec ses courtes pattes orange, son long bec retroussé comme chez une petite barge (d’où son nom) et son corps rondelet comme celui d’un petit bécasseau, il ne doit pas être confondu. Les “vrais chevaliers” (genre Tringa), comme le Chevalier gambette sur notre photo, s’appellent ainsi car ils ont des longues pattes et un long bec (rappelant ainsi les humains chevaliers du Moyen-Âge : longues pattes car sur des chevaux, long bec comme une lance). Le Combattant varié a été décrit comme un chevalier mais s’avère être un bécasseau. Nous détaillerons son identification lors d’une journée sur ces oiseaux, le genre Calidris. Notez que ces trois espèces ont des ailes qui couvrent totalement la queue. Les Actitis, le principal thème du jour, ont une particularité unique parmi les chevaliers (faux et vrais) : leur queue est longue et donc… on la voit (flèche rouge) !

Il n’existe, dans le monde, que deux Actitis, donc deux de ces faux chevaliers à longue queue. Le Chevalier grivelé (voir sa fiche avec les photos) est tacheté dessous en nuptial, et tant qu’il y a des taches, il est impossible à confondre. Mais quand il n’a pas de tache, en plumage internuptial et chez les jeunes, alors ça se corse. Jugez plutôt !

Chevalier grivelé et Chevalier guignette

Distinguer les deux est très difficile malgré tous les critères expliqués dans la littérature habituelle, critères souvent infimes et difficilement applicables que nous ne rappelons pas ici. Cependant, nous vous avons appris ou rappelé de regarder la queue. Celle-ci identifie presque toujours l’espèce, en fait toujours sauf en cas de mue ou de plume(s) manquante(s). Voyez ci-dessous : la projection de la queue est nettement moins longue chez l’américain que chez l’eurasiatique.

Le Chevalier grivelé (à gauche) a une queue bien plus courte que le Chevalier guignette, le trait rouge correspond à la projection (ce qui dépasse de la pointe des ailes) de la queue.

Notez que la mandibule inférieure du bec du Chevalier grivelé est légèrement courbée alors qu’elle est habituellement rectiligne chez le Chevalier guignette. Pour les observateurs habitués à l’un, cela donne un “jizz” (voir Lexique) différent à l’autre, souvent repérable au premier coup d’œil. Néanmoins, c’est souvent trop léger ou difficilement objectivable pour être utilisé comme véritable critère de distinction. Cela aidera toutefois l’ornithologue expérimenté pour repérer un Chevalier grivelé égaré dans un groupe de guignettes en Europe ou en Afrique, un cas de figure relativement fréquent.

Bonus !

Deux critères importants en vol vous sont offerts. Il faut regarder le pattern de l’aile (flèche rouge) et les parties supérieures (flèches jaunes) depuis la queue jusque sur le dos.

  • Les Actitis (Chevaliers guignette et grivelé) ont une barre alaire comme les bécasseaux mais pas du tout de blanc sur le dessus du corps et de la queue
  • Le Chevalier bargette n’a pas de blanc dessus non plus ; il n’a pas de barre alaire blanchâtre comme les Actitis, mais le bord de fuite de l’aile est blanc.
  • Les vrais chevaliers (Tringa) ont un pattern d’aile qui varie d’une espèce à l’autre, nous verrons ça la semaine prochaine. La plupart n’ont pas de barre alaire comme le Chevalier culblanc illustré ci-dessous. Une exception notable est le Chevalier gambette qui a un large panneau blanc sur les rémiges secondaires et les primaire internes. En Europe, ils ont toujours du blanc dessus, mais celui-ci est plus ou moins étendu selon les espèces.
Chevalier grivelé, Chevalier bargette, Chevalier culblanc, Chevalier gambette

À mardi prochain avec la journée sur les “vrais” chevaliers !

Valéry Schollaert – 19-09-2022

>>>> Introduction au concept et liste des autres journées à thème

**** Voici les autres pages d’images comparatives ****

Cliquez ici pour voir la comparaison et les critères qui permettent de distinguer le Courlis cendré du Courlis corlieu
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