Pigeon ramier – Columba palumbus

Espèce de référence – publiée le 30 mai 2018
Publication complètefamille des Columbidae (pigeons, tourterelles…)
En anglais: Common Wood Pigeon in English

Columba_palumbus_mainLe pigeon ramier est un des oiseaux les plus familiers en Europe. Dans certaines régions, il s’est parfaitement adapté aux villages, aux zones agricoles et même aux plus grands centres urbains où il est alors abondant. En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, il n’a toutefois pas fait cette adaptation et c’est un oiseau peu commun et farouche des boisements reculés. Il a disparu de Madère et la population des Açores est très limitée, potentiellement en danger. Le comportement de ce pigeon nous dit beaucoup de choses concernant l’évolution des comportements, des populations, y compris endémiques, et des relations entres les animaux sauvages et les humains. Une véritable référence sur plusieurs plans!

Le comportement “naturel” de ce pigeon est classique pour un Columba, et même pour un pigeon en général. Il mange souvent au sol mais peut chercher, plus rarement, sa nourriture dans les branchages. Il consomme tous les types de graines, mais aussi plus occasionnellement des fruits, des fleurs, des bourgeons, des feuilles et des insectes. Il lui arrive même de brouter de l’herbe. Il construit son nid, assez petit, en brindilles sur des branches et y pond le plus souvent deux œufs couvés 16 ou 17 jours par les deux parents.  Les jeunes sont nourris jusqu’à un mois au nid avant l’envol.

Les populations nordiques sont migratrices et leur densité est faible, notamment car des centaines de milliers de ces migrateurs qui vont hiverner sur la péninsule ibérique sont tués par les chasseurs ou braconniers en France et en Espagne !

Illustration de la méthode Formation Ornitho

Notre oiseau est une espèce de référence visuelle et auditive en Europe, bien que le représentant des Columba qui servira de référence au niveau mondial soit plutôt le Pigeon biset, introduit sur tous les continents. Notre ramier, parfois appelé “palombe” surtout dans le Sud-Ouest (notamment par les chasseurs qui donnent alors le nom “ramier” au Pigeon colombin !) est, par contre, un extraordinaire exemple pour comprendre les adaptations à des nouveaux milieux, à de nouvelles terres (et ainsi la création d’endémiques), les changements de milieux naturels, notre impact direct et indirect sur la faune et le rôle des espèces dans l’écosystème.

Columba_palumbus_4frIl y a longtemps que le Pigeon ramier est commun et répandu en Europe ; il y a plus de 15 millions d’années, son ancêtre était déjà certainement dynamique puisqu’il a colonisé les îles Canaries ; il y est devenu le Pigeon des Lauriers. Un peu plus récemment, mais toujours en millions d’années, il a encore colonisé des îles de l’Atlantique; aux Canaries, il est parvenu à cohabiter avec son “cousin”, le Pigeon des Lauriers ; la population issue de cette seconde colonisation est appelée Pigeon de Bolle.  Ces oiseaux sont probablement arrivés aux Canaries via Madère, bien que l’inverse, improbable, ne soit pas impossible. Toujours est-il que la seconde colonisation a permis à l’ancêtre du Pigeon ramier de coloniser Madère également; sans surprise, il y a une grande proximité génétique entre le Pigeon de Bolle et son espèce sœur de Madère, le Pigeon trocaz.

Beaucoup plus récemment (moins d’un million d’années), des Pigeons ramiers sont arrivés à Madère et aux Açores. Ceux-ci ont commencé à diverger des oiseaux continentaux, et créeront ainsi de nouvelles espèces endémiques dans le ou les million(s) d’années qui viennent… s’ils ne disparaissent pas avant cela ! Malheureusement, le Pigeon ramier des Açores (C. p. azorica) est en diminution et le Pigeon ramier de Madère (C. p. maderensis) a déjà disparu. Alors que le Pigeon trocaz (Columba trocaz) survit car sa chasse a été interdite et son habitat est désormais protégé (toutefois, sa survie dépend de la conservation comme expliqué sur HBW Alive), rien n’a été fait pour le Pigeon ramier… car ce “n’est qu’une sous-espèce” endémique et non pas une espèce endémique. Or, ce concept est discutable, la classification peut être mal jugée ou encore mal étudiée. Nous avons perdu le Pouillot des Canaries oriental de la même façon, et cela pourrait se reproduire encore avec d’autres populations incluses dans des espèces répandues telles que le Pigeon ramier, sur le principe expliqué sur la page du Souimanga à dos vert. Ceci est une dérive de l’approche “fragmentée” de la conservation, par opposition à l’approche holistique prônée sur ce site.

Columba_palumbus_6frCe pigeon montre aussi que les espèces animales peuvent cohabiter avec nous, et que ceci dépend avant tout de notre comportement. La même espèce peut diminuer et disparaître comme à Madère, si nous détruisons son habitat et tuons les individus, mais elle peut aussi s’adapter et changer de milieu et de comportement, comme en Europe où elle vit dans la ville, si nous lui permettons.

Taxonomie et sous-espèces

Cinq à neuf sous-espèces décrivent principalement un cline sud-est / nord-ouest d’oiseaux plus foncés et ternes (à l’ouest) vers des oiseaux plus clairs et brillamment colorés, y compris le bec blanchâtre (au sud-est). Les espèces proches sont les endémiques îliens cités ci-dessus (Canaries et Madère) ainsi que le Pigeon gris (Columba unicincta) d’Afrique.

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[Espèce Nº150 du projet d’encyclopédie holistique]

Photos et textes © Valéry Schollaert 2018 – 2019

Liste des autres espèces illustrées: taxonomiquejour par jour

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