Pouillot fitis – Phylloscopus trochilus

Espèce commune – Page de référence – Disponible pour sponsoring
Famille des Phylloscopidae (pouillots) – Willow Warbler in English
Première publication : 11 octobre 2020 – Dernière mise à jour : 22 mars 2022

Ce pouillot est le plus répandu de la famille : il niche depuis le Portugal et l’Irlande jusque dans l’est de la Sibérie via le Cap Nord (Norvège) et le Kazakhstan. Toute la population hiverne au sud du Sahara et, en migration, il se voit dans toute l’Europe, dans tout le Moyen-Orient et dans le reste de l’Asie au nord et à l’ouest de l’Himalaya.

Cliquez ici pour voir une carte de répartition plus détaillée

Son mode de vie est proche de celui de notre référence, le Pouillot véloce. La nidification et la nourriture sont, en effet, quasiment identiques. La principale différence, en période de nidification, vient des milieux utilisés. En effet, pour nicher, il évite les grands arbres matures et les forêts denses. Il fréquente plutôt les buissons et taillis des clairières et de la lisière, les zones humides, les saules, les vergers, les collines buissonnantes, etc. Après la nidification, on le rencontre dans divers habitats avec des arbres et/ou des buissons, et il est alors souvent vu en compagnie du Pouillot véloce.

Sa longue migration est aussi très différente, puisque toute la population est migratrice longue-distance, un comportement particulier qui est discuté au chapitre suivant.

Méthode Formation Ornitho : la mue des petits passereaux

De façon générale, il y a deux grandes stratégies de mue chez les passereaux. L’une consiste à n’effectuer qu’une mue annuelle, toujours complète (sauf la mue post-juvénile), après la nidification. Dans ce cas, soit il n’y a pas de réelle différence entre le plumage nuptial et le plumage internuptial, soit le plumage nuptial est plus coloré au printemps grâce à l’usure. De la kératine non-pigmentée cache les belles couleurs à l’automne et en hiver et, avec l’usure, cette couche de kératine devient de plus en plus fine et disparaît ; ainsi, les oiseaux sont de plus en plus colorés au printemps.

L’autre est composée d’une mue postnuptiale complète et d’une mue prénuptiale partielle. Cette dernière porte sur des plumes de contours (pas les plumes de vol comme les rémiges) et fait apparaître le plumage nuptial. Ainsi, dans tous les cas, les rémiges (souvent aussi les rectrices et les couvertures alaires) doivent tenir un an.

Chez le Pouillot fitis, toutefois, vu l’immense migration qu’il effectue (la plus longue migration de tous les oiseaux de sa taille, et même de tous les passereaux, environ à égalité avec le Traquet motteux), il change toutes ses plumes deux fois par an. C’est une exception. En effet, vu les millions de battements d’ailes que représente un trajet Russie – Afrique du Sud, l’usure est profonde et les rémiges ne tiendraient pas deux voyages. Si ce n’est pas le cas pour le Traquet motteux, c’est que ce dernier est plus grand (donc il a moins de battements d’ailes à effectuer) et que cette longue migration est assez nouvelle et certainement provisoire. Étudiez les détails de ce cas spectaculaire dans notre vidéo sur la migration.

Taxonomie et sous-espèces

Cette espèce est bien distincte des autres et les rares cas d’hybridation, avec le Pouillot véloce et avec le Pouillot verdâtre, ne découlent pas d’une proximité particulière ; il s’agit plutôt d’accidents.

Trois sous-espèces sont décrites et sont souvent indiscernables car les variations sont clinales. Concrètement, les occidentaux (sous-espèce nominale) sont de couleur plus verte et jaune, les orientaux (P. t. yaakutensis) sont les plus ternes, très gris dessus et blanchâtres dessous. Entre les deux, on trouve la sous-espèce P. t. acredula.

Pouillot fitis, Cap Ferret (Gironde), France, septembre 2012
Seule la sous-espèce nominale montre un plumage aussi coloré, surtout en plumage frais ; les jeunes sont encore plus saturés que les adultes. Notez les longues projections primaires, un excellent critère d’identification expliqué et illustré dans un article dédié, cliquez !
Pouillot fitis, Entebbe, Ouganda, décembre 2014
Cet individu est très terne, donc il est oriental. C’est attendu : la sous-espèce nominale hiverne généralement en Afrique occidentale. Les teintes jaunâtres sur le menton et le sourcil indiquent plutôt la sous-espèce P. t. acredula.
Pouillot fitis, Entebbe, Ouganda, décembre 2014
Cet oiseau ne montre pas les teintes jaunes de l’individu illustré juste au-dessus et pris au même endroit. Il appartient donc probablement à la sous-espèce la plus orientale, P. t. yakutensis.

Pour apprendre à identifier les pouillots, nous vous invitons à découvrir notre vidéo-événement sur le sujet.

This image has an empty alt attribute; its file name is avancement90pourcent.jpg

 [Espèce Nº1015 du projet d’encyclopédie holistique]

spprevious
spsuivante
sommaire

Photos, tableau et textes © Valéry Schollaert, Chantal Lac & Marinella Mejia 2020 – 2022

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

Untitled 2

4 thoughts on “Pouillot fitis – Phylloscopus trochilus

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s