Puffin cendré – Calonectris borealis

Espèce commune – Page de référence (partielle) – Disponible pour sponsoring
Famille des Procellariidae (puffins, pétrels) – Cory’s Shearwater in English
Première publication : 03 février 2022 – Dernière mise à jour : 03 février 2022

Les puffins sont des oiseaux marins de taille moyenne qui illustrent parfaitement le qualificatif de “pélagique”. À part de rares exceptions liées à un accident ou des conditions météorologiques exceptionnelles, on ne voit ces oiseaux qu’en pleine mer ainsi qu’aux colonies, installées sur des îles et des îlots. Celui-ci est répandu dans l’Atlantique ; il se rencontre localement dans le sud-ouest de l’océan Indien et dans l’ouest de la Méditerranée. Dans cette mer, il est généralement remplacé par le Puffin de Scopoli.

Cliquez ici pour voir une carte de répartition plus détaillée

Le mode de vie est assez stéréotypé chez ces oiseaux mais il y a quand même des tactiques de pêche légèrement différentes. La plupart des espèces mangent surtout des invertébrés, le Puffin cendré aussi, mais lui consomme plus de poissons que tout autre chose. Il ingère aussi du plancton. Les puffins sont des oiseaux principalement nocturnes et il pêche surtout la nuit. C’est ainsi que peu d’observateurs ont observé qu’il peut plonger jusqu’à 5,5 mètres de profondeur. Cependant, comme d’autres Procellaridae, il se contente souvent de voler au ras de l’eau et ramasser des petits invertébrés et du plancton à la surface de l’eau.

Les puffins volent en profitant du vent montant vers le sommet des vagues : on les voit rarement voler par “mer d’huile”. C’est ainsi qu’ils battent peu des ailes mais alternent presque constamment l’angle du corps. Il y a donc un effet “clignotant”, clair (dessous), foncé (dessus) caractéristique chez la plupart des puffins.

Le mot “procella“, en latin, signifie tempête. Ce sont effectivement des oiseaux qui ne souffrent pas des tempêtes ; au contraire, il semble les apprécier !

Alors que chez la majorité des oiseaux terrestres, le facteur limitant les populations est presque toujours la nourriture, chez les puffins (comme chez les martinets), le facteur limitant dans les environnements sains est exclusivement la disponibilité de sites de nidification. Actuellement, les populations sont de plus en plus limitées par l’être humain.

La pêche déciment les poissons dont les Procellaridae se nourrissent et tuent parfois les puffins (en “bycatch” – captures accidentelles) ; les déchets de pèche nourrissent les goélands, alors les goélands augmentent et augmentent sur les îles et îlots au détriment des puffins – voir notre vidéo sur les surpopulations)

Les jeunes sont souvent mangés par les îliens et les accidents nocturnes liés aux éclairages artificiels sont nombreux. La prédation liée aux animaux introduits comme les chats (voir notre vidéo sur les chats domestiques et errants) est souvent une cause d’extinction locale majeure.

Dans le passé, les plumes étaient utilisées dans les oreillers et couettes, comme celles des eiders, et des colonies entières ont été décimées pour l’occasion, notamment aux îles Selvagens (“sauvages”), aussi appelées “Salvages”. Ces îles appartenaient à des riches anglais installés à Funchal (Madère) qui vendaient les plumes au Royaume-Uni et la graisse du corps des poussins aux îliens.

Le résultat est que plus de la moitié des espèces de la famille sont menacées. Les albatros, qui appartiennent à une famille proche, avec leur plus grande taille et leur dépendance supérieure aux poissons, sont dans une situation pire : trois quarts des espèces sont menacées et le quart restant est classé en “NT” (presque menacé). Aucune espèce n’est “LC” (préoccupation mineure) au sein de cette famille prestigieuse !

Le Puffin cendré est donc une exception puisqu’il se porte suffisamment bien ; il n’y a même pas de preuve qu’il diminuerait globalement même si des diminutions et extinctions locales ont été constatées. Il faut dire que certaines archipels ont pris les choses en main pour arrêter ou limiter le désastre. Les îles Canaries et les Açores, par exemple, réglementent les activités de pêche, les excursions touristiques (qui avaient sinon un impact surtout sur les cétacés), interdisent les captures, limitent les éclairages nocturnes, éradiquent les “prédateurs exotiques” (la façon diplomatique habituelle de dire qu’ils tuent les chats – une tactique que nous dénonçons ici) ; c’est ainsi que des augmentations sont notées, par exemple autour de Ténériffe où ce puffin abonde ou aux Selvagens où l’exploitation avait fait s’effondrer la population de 100.000 à 5.000 dans les années 1970 mais où l’augmentation est nette depuis le rachat par le Portugal qui en a fait une réserve naturelle.

La population totale tourne autour du demi-million d’individus dont une part importante se rencontre aux Açores.

Les femelles pondent un œuf dans un terrier ou une cavité naturelle qui doit être farouchement défendu car la compétition est rude : il n’y a pas assez de trous pour tout le monde (effet de facteur limitant, cité plus haut).

La reproduction est très lente : l’incubation dure presque deux mois et les jeunes s’emplument et quittent le terrier en plus de trois mois, voire trois mois et demi.

Taxonomie

Cette espèce, alors appelée Procellaria diomedea, puis Puffinus diomedea puis encore Calonectris diomedea comprenait, jusqu’à récemment, trois taxons. Il y a une trentaine d’années, le Puffin du Cap-Vert a été séparé (Calonectris edwardsii) en espèce distincte ; plus tard, c’est la sous-espèce nominale, méditerranéenne, qui a été séparée (avec le nom Puffin de Scopoli) de la plus répandue, devenue la présente espèce. Quelques rares auteurs gardent ces deux taxons en une seule espèce, notamment Birds of the World / e-Bird (Cornell University).

Un fait très intéressant nous vient des îles Chafarines (ou Zaffarines, islas Chafarinas en espagnol), au large du Maroc. Situées non loin du détroit de Gibraltar, ces îles accueillent de nombreux puffins du genre Calonectris où se mélangent les Puffins de Scopoli et les Pufffins cendrés. Ces derniers représentent environ 22% des nicheurs (contre 78% pour les autres). Non seulement ils ne s’hybrident apparemment pas (ou suffisamment peu pour que ça passe inaperçu), confirmant sans appel le statut d’espèces distinctes mais, en plus, il a été montré que les Puffins cendrés vont se nourrir dans l’océan Atlantique alors que les Puffin de Scopoli restent dans la Méditerranée !

Puffin cendré, en mer entre Ténériffe et La Gomera (îles Canaries, Espagne), juin 2015
Le bec jaune est généralement unique parmi les puffins de l’Atlantique, permettant une identification relativement facile. Le dessous blanchâtre contrastant avec le dessus brun gris est classique des puffins, mais nombre d’entre eux sont encore plus contrastés (au moins plus foncés dessus).
Puffin cendré, en mer entre Ténériffe et La Gomera (îles Canaries, Espagne), juin 2015
La protubérance au-dessus du bec, une sorte de nez, est caractéristique des Procellariformes. Elle consiste en deux tubes qui peuvent servir à envoyer un liquide gras donné aux jeunes comme nourriture mais qui peut aussi être projeté puissamment, un geste efficace pour la défense du nid.
Puffin cendré, au large de São Miguel (Açores, Portugal), juin 2015
Il n’y a pas de grande différence entre les juvéniles et les adultes. Les couvertures parfaitement “propres” et régulières trahissent le jeune âge : elles ont toutes poussé en même temps, ce qui n’arrive qu’une fois dans la vie d’un grand oiseau : au nid.

Objectifs recherchés pour une page complète :
Images de meilleure qualité et photos comparative avec le Puffin de Scopoli ; sponsoring

[Espèce Nº1495 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos, tableau et textes © Valéry Schollaert & Marinella Mejia 2022

Liste des autres espèces illustrées : taxonomique – jour par jour

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2 thoughts on “Puffin cendré – Calonectris borealis

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