Tadorne de Belon – Tadorna tadorna

Espèce de référence – publiée le 5 septembre 2018
Publication complète – famille des Anatidae (canards, cygnes, oies, etc)
En anglais: Common Shelduck in English

Tadorna_tadorna_mainCet oiseau est commun en Europe et très facile à observer. Il est donc assez bien connu du grand public. Il réserve toutefois des surprises quant à son comportement, et regarder ce grand “canard” de plus près vaut vraiment le détour…

Ce tadorne est une référence pour l’identification visuelle des Tadornini (tribu qui comprend les tadornes, l’Ouette d’Égypte et quelques autres genres), des oiseaux faciles à identifier, mais il est en réalité assez particulier sur différents aspects. Voyons quelques détails son mode de vie.

Illustration de la méthode Formation Ornitho

Cet oiseau est cavicole, utilisant notamment les cavités des gros arbres jusqu’à 8 mètres de haut (il faut voir les poussins se jeter dans le vide pour quitter le nid !), des terriers de lapins ou autre cavités y compris des nichoirs. C’est la femelle qui choisit la cavité et l’aménage avec des tiges, des mousses et du duvet si nécessaire.

La femelle pond une dizaine d’œufs, et il arrive que d’autres femelles pondent dans son nid. Elle couve un mois, alors que le mâle s’occupe de défendre le nid. Les jeunes sont nidifuges, et ils peuvent rapidement rejoindre des “crèches” où un ou deux adultes surveillent jusqu’à une centaine de poussins. Les parents peuvent abandonner les jeunes pris en charge dans une crèche alors qu’ils n’ont que trois semaines.

Une fois la nidification terminée, les mouvements de population sont complexes et originaux. C’est ainsi que des rassemblements énormes sont observés (jusqu’à 100.000 individu) en période de mue dans la mer de Wadden (Allemagne).

L’habitat habituel pour nicher est en eau salée ou saumâtre en Europe, notamment les vasières côtières et estuaires. En Asie centrale, par contre, il vit le long des rivières, autour des lacs et marais d’eau douce dans les régions steppiques.

La nourriture la plus consommée sont des invertébrés aquatiques capturés en barbotant comme les canards de surfaces ou ramassés dans la vase. Ce lien avec les canards de surface est intéressant aussi : notez la présence d’un “miroir” sur les rémiges, qui est mis en évidence lors de la parade nuptial comme l’avait remarqué Konrad Lorenz qui insistait sur la prolongation dans le temps des comportements “stéréotypés” (donc l’ancêtre commun lointain des canards Anatini et des Tadornini devait avoir une parade similaire selon Lorenz). Toutefois, contrairement aux canards de surface, les tadornes n’ont pas besoin de ce miroir comme signe de reconnaissance, vu que le dimorphisme sexuel n’est pas très marqué.

Taxonomie

Cet oiseau monotypique est assez éloigné des autres tadornes et aurait peut-être des liens proches avec l’Ouette d’Égypte, ce que des études génétiques pourraient confirmer ou infirmer dans le futur.

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Mise à jour du 5 septembre 2019. Plein cadre sur un mâle adulte à la réserve du Teich (Gironde, France) en juin 2019.

Tadorna_tadorna_4fr.JPG

[Espèce Nº248 du projet d’encyclopédie holistique]

Photos et textes © Valéry Schollaert 2018

Liste des autres espèces illustrées: taxonomiquejour par jour

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