Vanneau à poitrine châtaine – Vanellus superciliosus

Espèce vedette – publiée le 1er mars 2018
Publication complète – famille des Charadriidae (pluviers, vanneaux, etc.)
En anglais : Brown-chested Lapwing in English

Vanellus_superciliosus_main.JPGCet oiseau est encore une espèce mal évaluée ou ignorée par les “autorités” de la conservation de la nature. C’est un oiseau rare, peu connu, et qui mérite une attention particulière pour comprendre sa biologie, son comportement inhabituel au sein des vanneaux, sa répartition exacte et, éventuellement, alerter sur son statut réel. C’est un petit vanneau, rarement observé par les ornithologues et naturalistes, qui se rencontre en groupes de quelques-uns à quelques dizaines en dehors de la nidification. Il est petit et discret et peu passer inaperçu lorsqu’il se nourrit silencieusement dans les grandes plaines couvertes de graminées ; il serait crépusculaire ou nocturne sur le lieux de nidification. Il est plus bruyant lorsque les groupes non-nicheurs se reposent sur le bord de l’eau, parfois avec d’autres vanneaux.

Pourquoi une espèce vedette?

Si on en croit la littérature, cet oiseau est répandu et “least concern” ; il est joli mais quel vanneau ne l’est pas? Il ne semble y avoir aucune raison s’en faire une vedette plus qu’un autre joli vanneau africain!

Justement, nous en faisons une vedette car les informations données sur son statut nous semblent fausses ou tronquent quelque peu la vérité. Birdlife International (en anglais) nous dis que la population mondiale est comprise entre 670 et 17.000 adultes. Cette information est précieuse: cela montre que nous savons très peu sur cet oiseau car cette fourchette est particulièrement large, et que l’oiseau est potentiellement “endangered“: moins de 1000 adultes est une situation grave qui justifie un statut de “en danger” pour bien d’autres oiseaux.

Vanellus_superciliosus_3fr.jpg

Cette page de Birdlife nous dit aussi est l’espèce a “une très vaste aire de répartition”. “Très vaste” semble totalement inapproprié. Hormis le Vanneau d’Abyssinie endémique à l’Éthiopie et très commun dans ce pays, aucun autre vanneau africain n’est aussi localisé que notre Vanneau à poitrine châtaine et il est peu commun (selon HBW Alive, en anglais). Au mieux, cet oiseau se reproduit localement dans 5 pays: le Nigéria qui pourrait accueillir la plus grande population, le Cameroun où il est manifestement rare et très localisé, la Centrafrique où il serait plus répandu qu’ailleurs mais personne ne sait ce qu’il en est actuellement, la R. D. du Congo où il ne niche que dans le nord et peut-être, très localement dans l’extrême nord de l’autre Congo. Est-ce ça, un oiseau à la répartition “très vaste”?

Lorsqu’on interroge les observateurs, peu d’entre eux ont vu cette espèce. Il migre de façon originale surtout vers l’Ouganda, le Sud du Congo et le Rwanda, il est parfois signalé dans l’Ouest du Kenya et de la Tanzanie, mais ces pays très visités ne fournissent que peu d’observations de notre vanneau. En Ouganda, il est vu un peu moins rarement, mais les quelques observations annuelles concernent probablement toujours les mêmes individus, rassemblés parfois en groupes de plusieurs dizaines, qui fréquentent des lieux très visités comme les parc nationaux du Lac Mburo et de Queen Elizabeth. Le Rwanda semble le pays le plus fiable pour “cocher” cet oiseau attractif, mais ce petit pays n’accueille que des nombres réduits.

Comment aider cet oiseau menacé?

Au vu de l’analyse ci-dessus, nous considérons cet oiseau comme menacé, méritant le statut IUCN de “vulnerable” voir de “endangered”, et pour alerter plus efficacement, nous en faisons une de nos “stars”. Étant officiellement “least concern”, Birdlife ne publie aucune menace sur cet oiseau. Nous savons pourtant que tous les types d’oiseaux de taille moyenne ou grande sont tués dans la plupart des pays où ce vanneau niche pour être consommé ou utiliser en “médecine” locale, comme au Nigéria. Cette espèce, à l’instar du Courvite de Temminck, aime placer son nid juste après un feu – ce qui assure normalement une nidification sans incendie. Or, certains des pays concernés pratiquent le brûlis, ce qui signifie que le feu est mis volontairement, et la terre cultivée une fois celui-ci éteint. Si le vanneau a installé son nid après le feu, le dérangement lié à l’activité agricole, voire la destruction directe, volontaire ou non, paraît donc une menace plus que probable.

Il est difficile d’agir pour cet oiseau qui vit principalement dans des régions sous-visitées et peu accessibles. De façon générale, il faut décourager toute pratique de feu : brûler la matière organique produit des gaz à effet de serre et appauvri considérablement les sols qui sont nourris pas les tiges, branches et feuilles mortes qui permettent à l’humus de prospérer. Nous vous invitons à décourager tout brûlis et incinération sauvage comme nous l’avons fait lors de cette action.

Taxonomie

Avec une aussi petite aire de répartition, cet oiseau est sans aucun doute monotypique. Il est si différent des autres vanneaux qu’on lui a, anciennement, donné un genre à part, Anomalophrys, un nom qui rappelle son sourcil inhabituel : une caroncule proéminente.

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[Espèce Nº60 du projet d’encyclopédie holistique]

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sommaire

Photos et textes © Valéry Schollaert 2018 – 2019

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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2 thoughts on “Vanneau à poitrine châtaine – Vanellus superciliosus

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