Vautour oricou – Torgos tracheliotos

Espèce vedette – publiée le 28 juin 2018
Publication complète –  famille des Accipitridae (buses, aigles, éperviers, etc.)
En anglais : Lappet-faced Vulture in English

Torgos_tracheliotos_main.JPGCe grand vautour est répandu en Afrique noire et localisé au Moyen-Orient. Il vit dans les grandes savanes ouvertes et même semi-désertiques s’il y trouve des arbres à couronne plate où il peut installer son nid. Il fréquente aussi des milieux plus boisés et les hauts-plateaux, notamment en Éthiopie, mais en très petites densités.

Cette espèce est dominante sur les carcasses, et souvent le plus grand des vautours, sauf lorsque le Vautour moine (qui hiverne parfois dans l’aire de répartition du Vautour oricou) est présent. Le Vautour de Rüppell est toutefois souvent plus massif en terme de poids : 7,4 kg contre 6,2 kg.

Il mange dès lors les morceaux de charogne qu’il choisit : les autres vautours n’ont pas la puissance pour l’en empêcher, et aussi car son bec, justement très fort, lui permet d’arracher la viande qu’il souhaite.

Il est souvent moins nombreux que les Gyps, habituellement vu par couple ou quelques individus, rappelant ainsi le rare Vautour à tête blanche, par son comportement. Les deux ont, d’ailleurs, été classé dans le même genre par quelques auteurs. Il niche en solitaire, et construit un énorme nid plat en branches couvertes de graminées sèches. Les œufs (un ou deux) sont couvés près de deux mois, et les jeunes sont nourris plus de quatre mois au nid. Produire un jeune est un succès rare : en moyenne, un couple réussi une nidification (un juvénile à l’envol) tous les deux ou trois ans, au mieux.

Comme tous les vautours en Afrique et en Asie, sa population s’est effondrée. Il ne resterait que quelque 3000 couples au monde. Il a disparu d’Israël, d’Afrique du Nord, de la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, peut-être aussi de Somalie. La population est réduite à quelques individus dans des pays où il était commun il y a encore quelques décennies, comme la Namibie. Même au Kenya, la diminution est d’au moins 50%. Entre le braconnage, le dérangement, les insecticides, les carcasses empoisonnées (pour tuer les fauves qui “menacent” le bétail), la désertification et les câbles à haute-tension, les causes sont multiples. Il reste de population significative en Afrique de l’Est (surtout Ouganda, Kenya et Tanzanie) ainsi qu’en Afrique du Sud (population estimée à 1000 couples, soit près de 30% de la population mondiale) et en Arabie Saoudite.

Taxonomie et sous-espèces

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Trois sous-espèces très proches sont généralement reconnues. La nominale est répandue en Afrique, T. t. nubicus n’existe qu’en Égypte (rare) et au Soudan et T. t. negevensis est localement présente sur la péninsule Arabique (éteint en Israël) ; cette dernière diffère de la nominale par la tête est plus beige que rouge ; la sous-espèce soudanaise est intermédiaire entre les deux et n’est peut-être pas valide.

Sur le terrain, T. t. negevensis paraît globalement brun alors que T. t. trachelitus paraît noirâtre, se distinguant ainsi même de loin de Gyps. Cette différence n’est pas tellement décrite dans la littérature. Sur cette page, tous les individus sont des nominaux sauf ci-contre : cet individu est un immature photographié au Sultanat d’Oman (région de Mascate), en décembre 2006. Notez son aspect général brunâtre surtout sur le couverture et même les rémiges moins nettement noires que sur les autres oiseaux.

Le Vautour oricou appartient à un genre monotypique ; l’espèce la plus proche serait le Vautour moine. Ces deux énormes Accipitridae pourraient mériter un regroupement dans un seul genre.

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[Espèce Nº179 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2018 – 2019

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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2 thoughts on “Vautour oricou – Torgos tracheliotos

  1. Magnifique vautour qui comme le Vautour moine a la tête et le cou dégagé pour pénétrer à l’intérieur des carcasses. Dommage qu’il est en diminution. La méconnaissance de son utilité provoque des ravages.

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