Vautour percnoptère – Neophron percnopterus

Espèce de référence – publiée le 13 juin 2018
Publication complète – famille des Accipitridae (buses, aigles, éperviers, etc.)
En anglais : Egyptian Vulture in English

Neophron_percnopterus_main.JPGCe rapace original est intéressant à plus d’un titre. Il semble facile à rencontrer car sa répartition est très vaste mais, en réalité, il est en diminution et devenu souvent rare dans de nombreuses régions. C’est ainsi qu’il a disparu d’Afrique du Sud (dernière nidification en 1923) et que la seule population d’Afrique, au sud de l’équateur, serait limitée à une dizaine de couples de chaque côté de la frontière en Namibie et en Angola. Au nord du Sahara, il est répandu mais souvent rare, sauf en Éthiopie où la population se chiffre encore en milliers de couples, et à Socotra où il est abondant. En Europe (où il est migrateur), c’est l’Espagne qui accueille, de loin, la meilleure population avec quelque 1500 couples en 2008.

En Asie, il semble localement commun, notamment au Népal et dans le nord de l’Inde, mais la diminution est généralisée, notamment sur la Péninsule Arabique. Les populations migratrices d’Asie centrale sont probablement réduites.

C’est ainsi qu’il est classé “en danger” par les autorités de la conservation de la biodiversité. Les causes sont multiples, ce qui rend les actions de protection particulièrement difficiles.  Le Vautour percnoptère avait, avant la colonisation du monde par l’homme, un régime alimentaire basé sur les carcasses d’animaux sauvages. Ceux-ci ont largement disparus au profit du bétail (rappelons que seuls 3% de la zoomasse des mammifères concernent encore la faune sauvage alors que le bétail atteint les 61%), et ce vautour est une des espèces qui a pu s’adapter, en consommant les restes des animaux d’élevage. Désormais, le bétail est, de plus en plus, dans des fermes industrielles, et n’est ainsi plus accessible aux vautours qui n’ont donc plus rien à manger.

De plus, il a été remarqué qu’il était affecté par les produits biocides qui visent les rongeurs. Dans certaines régions, il est braconné, et des accidents avec les lignes à haute tension ajoutent à la mortalité déjà élevée.

Ce vautour est un charognard opportuniste à petit bec, un peu à la manière du Vautour charognard, justement, avec lequel la ressemblance de format et de bec est notable. Les deux cohabitent localement en Afrique, surtout au nord du Sahara.

Il mange ainsi des charognes de grands mammifères, surtout des petits morceaux que les plus gros vautours ne mangent pas, et des charognes de plus petites espèces (mammifères, oiseaux), pour lesquelles il est parfois en compétition avec les Corvus et les milans. Il peut chasser des petites proies blessées, mourantes, malades, souvent terrestres et, parfois, aussi des poissons.

Il niche normalement sur une falaise, dans une petite grotte ou sur un rebord protégé par un surplomb. Plus rarement, il peut construire dans un arbre, parfois sur un nid récupéré d’un autre oiseau. Exceptionnellement, on a vu un nid sur une grosse termitière.

Dans tous les cas, il utilise des branches pour construire son nid et puis, habituellement, il le remplit avec beaucoup de matériaux divers : de la laine, des poils, des plumes, divers déchets et même des déjections (parfois humaines !). Les deux parents s’occupent de construire le nid, de couver (2 œufs, 6 semaines), de nourrir les jeunes au nid (près de 2 mois) et hors du nid (quelques semaines). La maturité sexuelle est atteinte aux alentours de 5 ans, et le Vautour percnoptère peut vivre au moins 37 ans.

Taxonomie et sous-espèces

Unique dans le genre Nephron, cet oiseau est soeur avec le Gypaète barbu. Ces deux oiseaux sont inclus la sous-famille des Gypaetinae qui accueille aussi le Palmiste africain, un troisième genre monotypique. Le quatrième genre, et le seul contenant deux espèces dans la sous-famille, est Polyboroides, avec notamment le Gymnogène d’Afrique.

Cet oiseau est parfois appelé “Percnoptère d’Égypte”. Le nom français n’est pas d’une importance capitale, et il n’y a ici aucun risque de confusion avec une autre espèce. La raison de cette nomenclature est que Neophron n’est pas proche des autres espèces habituellement appelées “vautours”. Toutefois, les autres vautours ne sont pas toujours proches entre eux non plus et le nom français n’a pas pour rôle de refléter parfaitement la classification. Ainsi, les faucons (Falconidae) et la famille du Vautour percnoptère (Accipitridae) qui comprend les éperviers, les buses, les aigles et bien d’autres genres, ne sont pas du tout apparentés. Au contraire, les faucons sont plus proches des perroquets que des aigles. Pourtant, on les appelle “rapaces”, car c’est le mot de la langue française qui désigne des oiseaux non-passereaux au bec crochu qui mange (souvent) de la viande. C’est ainsi que les chouettes, les hiboux et les effraies sont aussi appelés “rapaces” (nocturnes) bien qu’ils ne soient pas non plus apparentés aux familles citée plus haut.

Dans le même manière, il semble approprié de garder  le mot “vautour” pour les oiseaux de la famille des Accipitridae qui consomment principalement de la charogne. C’est évidemment discutable, et ce sont des questions sans fin mais assez superficielles, auxquelles la science n’a pas de réponse, puisque celle-ci a sa propre nomenclature aux règles bien précises, qui reflète parfaitement la classification. Il y a longtemps, les oiseaux de la famille des urubus et condors (Cathartidae) étaient parfois appelé vautours. Par exemple, Cathartes aura, aujourd’hui appelé “Urubu à tête rouge“, était nommé Vautour aura et Sarcoramphus papa, de la même famille, était le Vautour pape ; il est devenu le Sarcoramphe roi. Les anglophones n’agissent pas de la même manière. Tout ces oiseaux s’appellent “vultures” (vautours), qu’ils soit des Accipitridae ou des Cathartidae.

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[Espèce Nº164 du projet d’encyclopédie holistique]

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Photos et textes © Valéry Schollaert 2018 – 2019

Liste des autres espèces illustrées : taxonomiquejour par jour

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